La banque centrale chinoise investit dans les actions italiennes

le
2

par Lisa Jucca MILAN, 8 août (Reuters) - La banque centrale chinoise, visiblement peu impressionnée par la dégradation de la conjoncture économique en Italie, ne se contente plus d'acheter de la dette souveraine émise par Rome puisqu'elle a déjà investi quelque trois milliards d'euros dans de grandes entreprises de la péninsule. Des documents déposés à la Consob, le gendarme boursier italien, montrent vendredi que la Banque populaire de Chine (BPC) détient 2,014% du capital de Generali GASI.MI , le troisième assureur européen par la capitalisation, un investissement de 470 millions d'euros aux cours actuel. La BPC a aussi acquis 2% environ de Fiat FIA.MI , de Telecom Italia TLIT.MI et de Prysmian PRY.MI , le premier fabricant de câbles mondial. La banque centrale avait acheté en mars des participations du même ordre dans le groupe pétrolier et gazier Eni ENEI.MI - un investissement de 1,3 milliard d'euros - et dans le producteur d'électricité Enel ENEI.MI . L'Italie est entrée en récession au deuxième trimestre pour la troisième fois depuis 2008, une répétition qui souligne la faiblesse persistante de la troisième économie de la zone euro. ID:nL6N0QC30N "Plutôt que de s'en tenir à des emprunts de l'Etat italien à bas rendements, les Chinois veulent diversifier leurs investissements et visent de grandes sociétés avec une implantation internationale", dit Marco Valli, économiste d'UniCredit. L'ITALIE, PORTE D'ENTRÉE EN EUROPE Contrairement à d'autres banques centrales asiatiques, la BPC a continué d'investir dans la dette publique italienne, mais sur des échéances moins longues, même lorsque de la crise de la zone euro était au plus fort. Les rendements de la dette italienne sont toutefois tombés à des plus bas records cette année, ce qui rend ces actifs moins intéressants. La BPC n'était pas joignable dans l'immédiat. L'un des plus importants investissements réalisés ces dernières années en Italie par des capitaux chinois a été la vente fin juillet par la caisse italienne des dépôts et consignations (CDP) d'une participation de 35% de l'exploitant du réseau d'électricité CDP Reti à un groupe public chinois pour au moins 2,1 milliards d'euros. ID:nL6N0Q564G En mai, Shanghai Electric Group 601727.SS avait racheté 40% du capital du spécialiste italien de l'ingénierie électrique Ansaldo Energia pour 400 millions d'euros. ID:nL6N0NU461 "Les investisseurs chinois la (l'Italie) considèrent comme une porte d'entrée idéale sur le marché européen. Ils prisent également la réputation de l'Italie, son savoir-faire et la qualité de ses produits dans des secteurs allant du luxe à la technologie", explique Alessandro Daffina, administrateur délégué de Rothschild Italie. Pourtant, l'Italie est à la traîne d'autres pays européens pour ce qui concerne les investissements chinois. Selon Rothschild, sur la cinquantaine de milliards d'euros que des entreprises chinoises ont investi en Europe ces cinq dernières années, près d'un quart sont allés en Grande-Bretagne, l'Italie ne représentant que 8% environ du total. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • frk987 le vendredi 8 aout 2014 à 18:01

    Ma foi, bosser comme des dingues, à long terme ça rapporte. Voyez l'Europe d'avant 1914, on continue à vivre sur le travail de nos ancêtres. Mais vu que l'on ne travaille plus depuis 40 ans...le monde appartiendra à la Chine. C'est inéluctable.

  • M1736621 le vendredi 8 aout 2014 à 17:46

    Et quasi rien en France, l'administration est trop lourde et trop volatile