La baisse des loyers s'installe presque partout en France

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Les loyers reculent de 1,1 % en moyenne depuis janvier, malgré le fait que les locataires ont rarement autant déménagé. Les studios et les deux-pièces sont toujours ceux qui baissent le plus.

La tendance observée en début d’année se confirme. Les loyers des logements remis sur le marché baissent de 1,1 % depuis janvier par rapport à la même période de 2014, selon l’Observatoire des loyers Clameur. Ce qui est inédit. «Nous n’avions pas observé une telle situation depuis 1998», souligne Michel Mouillart, professeur à l’université Paris-Ouest et auteur de l’étude. La situation est d’autant plus surprenante, que les ménages qui avaient différé leurs projets de déménagement pendant la crise de ces dernières années, sont désormais très nombreux à changer de logement.

«La mobilité des locataires a retrouvé les niveaux élevés qui se constataient avant la grande dépression, en 2006-2007», constate l’étude. Dans pratiquement toutes les régions et toutes les villes, le marché locatif a retrouvé un certain dynamisme, à l’exception de Paris. «Le risque d’une crise sévère de l’offre locative se renforce dans les villes où les déséquilibres de marchés sont déjà prononcés (Lille ou Paris notamment), du fait de l’insuffisance de la construction depuis de nombreuses années», explique Clameur. La mise en œuvre de l’encadrement des loyers dans la capitale et possiblement à Lille risque de renforcer le problème, les propriétaires bailleurs étant moins nombreux.

Depuis janvier, les loyers reculent dans la moitié des villes de plus 10 000 habitants, «du jamais vu selon Clameur», et dans 71,8 % des villes de plus 100 000 habitants. C’est le cas de Marseille (-4,1 %) où pourtant le marché locatif est sorti de sa léthargie, Lyon (-3,3 %), Strasbourg (-2,1 %), Montpellier (-1,9 %), Lille (-1,8 %), Toulon (-1,7 %), Le Havre (-1,6 %), Nîmes (-1,4 %), Paris (-1,3 %) Rennes (-0,8 %), Nantes (-0,6 %), Grenoble (-0,4 %), Saint-Étienne (-0,3 %) et Nice (-0,1 %). «A Caen, Le Havre, Lille, Marseille, Mulhouse, Nîmes, Perpignan, Rouen ou Saint-Étienne, le marché locatif est en panne ou n’est pas suffisamment reparti et les loyers baissent depuis 2011», explique l’étude. Depuis le début de l’année, dans les autres grandes villes, la hausse des loyers est relativement modérée par rapport à l’inflation quasi nulle aujourd’hui: Angers et Toulouse (+0,1 %), Dijon (+0,3 %), Le Mans (+0,8 %), et Reims et Bordeaux (+0,9 %).

Les loyers des grands appartements grimpent légèrement

Un peu partout, ce sont surtout les loyers des petits logements, les plus nombreux sur le marché de la location (les studios représentent 22,2 % du marché et les deux-pièces 33,2 %) qui baissent le plus. Les quittances des studios reculent ainsi de2,4 % depuis janvier sur un an et celles de deux-pièces de 1 %. Les trois-pièces résistent nettement mieux (-0,3 %). Les loyers des grands appartements continuent eux à grimper légèrement (+0,4 % contre tout de même + 2,9 % en 2014 pour les quatre pièces et + 0,1 % pour les cinq pièces contre + 3,3 % il y a un an). Cette tendance n’est pas nouvelle. «Depuis 2011, les petits logements ont connu une évolution des loyers moins rapide que l’inflation (+0,2 % par an pour les studios et + 0,5 % pour les deux-pièces, contre + 1,1 % pour l’inflation), estime l’étude de Clameur. Les grands appartements font exception: hausse de 1,4 % par an depuis 2011 pour les quatre pièces et de 1,5 % pour les cinq pièces.

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  • ericlyon le jeudi 26 nov 2015 à 11:36

    Les loyers baissent probablement parce que les propriétaires n'investissent plus compte tenu du rendement déjà trop bas. Ce n'est pas bon pour le parc immobilier locatif.