L1 - PSG : De Caen à Paris, tout le monde en pince pour Cavani

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L1 - PSG : De Caen à Paris, tout le monde en pince pour Cavani
L1 - PSG : De Caen à Paris, tout le monde en pince pour Cavani

Trois jours après un festival de ratés contre Arsenal (1-1), Edinson Cavani a retrouvé toute son efficacité avec le PSG pour claquer son premier quadruplé en France vendredi à Caen (0-6). Sans qu’aucun des deux camps ne soit complètement surpris.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CAEN « Que voulez-vous que je vous dise ? Il a été exceptionnel. » Pris par surprise, Nicolas Seube ne s’attendait pas à devoir répondre de la performance d’Edinson Cavani vendredi avec le PSG contre Caen (0-6), tellement son analyse coulerait de source. « Tout le monde le critique, dit que c’est un joueur qui vendange. Je pense qu’il a montré ce qu’il est réellement. Seulement en France on a tendance à oublier qui sont ces gens-là », a soufflé dans un soupir celui qui fêtait à Michel d’Ornano son cinq-centième match officiel avec le Stade Malherbe, son club de toujours. Il aurait certainement souhaité que l’international uruguayen lui fasse un autre cadeau qu’un quadruplé en première période pour l’occasion. Le dernier à avoir réalisé une telle performance sur une mi-temps, c’était Zlatan Ibrahimovic à Troyes en mars dernier (0-9).

Areola : « On ne l’a jamais lâché »

Comme si Cavani ne pouvait pas se défaire de l’ombre envahissante de son prédécesseur à la pointe de l’attaque du PSG. « Il ne faut pas le comparer à Ibra, c’est une erreur, a replacé Patrice Garande en conférence de presse. Ce sont deux profils différents, deux personnalités différentes. Ils se nourrissent de choses différentes pour exprimer leur talent. » Contrairement à un Ibrahimovic dans l’affrontement permanent, Cavani a ce besoin d’être aimé, de se sentir désiré par ses coéquipiers et son entraineur. Une raison de plus pour trainer son spleen avec Laurent Blanc et retrouver toutes ses sensations avec Unai Emery. « On est vraiment contents pour lui, soulignait Blaise Matuidi en zone mixte après la rencontre. On sait qu’Edi a besoin de confiance, c’est un joueur qui a énormément de talent. Il marque beaucoup de buts chaque saison, il a toute notre confiance. » « On était tous derrière lui, on ne l’a jamais lâché, enchainait Alphonse Areola. Il nous fait du bien, c’est bien pour sa confiance et pour nous. »

Cavani à Caen : Quatre tirs cadrés, quatre buts

En effet, ça aide une équipe d’avoir un buteur qui convertit ses quatre tirs cadrés de la soirée, à chaque fois en une touche de balle. Le tout sur six tirs pour autant de ballons touchés dans la surface adverse. Une réussite qui tranche avec les échecs de Cavani contre Arsenal en Ligue des Champions (1-1), où ils avaient pesé lourd dans le résultat final. « Quand il a cinq occasions et qu’il marque un but comme mardi, je ne m’affole pas, a assuré Emery. Ce qui est important pour moi, c’est qu’il se crée des occasions. Aujourd’hui (vendredi), c’est rentré. Mais pour moi, c’est pareil ! » Son manque d’efficacité, il en avait assumé les conséquences face aux médias mardi après la rencontre. Un soir où tout a bien fonctionné pour lui, en dehors de cette gêne musculaire aux ischios l’ayant contraint de céder sa place à la mi-temps, il aurait pu revenir devant les journalistes et fanfaronner à Caen. Rien de tout ça, « El Matador » étant de ceux qui font front en temps de crise au lieu de se montrer quand tout roule.

Al-Khelaïfi : « Le commencement du vrai Cavani »

Au lieu de l’apporter devant les micros, sa réponse est venue du terrain. « C’est un garçon calme, pas très expressif. Mais j’imagine qu’à chaque fois qu’il a mis le ballon au fond, il a dû y avoir un petit sentiment de revanche dans sa tête », a souri Thomas Meunier. « Il a répondu à tous les médias : « Je suis ici, je suis Edinson Cavani et je vais marquer ». C’est le commencement du vrai Cavani ce soir (vendredi) », a même lancé Nasser Al-Khelaïfi au micro de Canal+. Difficile de savoir si le président du PSG ne fait pas dans la méthode Coué, tant il commence à déceler les limites de son effectif actuel, avec un Jesé hors de forme comme doublure officielle de Cavani comme attaquant de pointe. C’est pourquoi il fallait chasser aussitôt le virus du doute qui commençait à envahir son esprit.

Le beau geste de Lucas

Même si Patrice Garande n’en est même pas convaincu. « C’est un garçon qui me donne l’impression qu’il ne doute pas. Il peut avoir des attitudes qui le laissent penser, mais il a montré que c’était un vrai buteur. Je ne sais pas s’il comprend tout ce qu’il se dit sur lui, c’est peut-être ça son secret. » Ou alors est-il indifférent. En dépit des critiques, le natif de Salto en est à six buts en quatre titularisations cette saison avec le PSG. Ses coéquipiers font d’ailleurs tout pour le mettre dans un état de confiance totale, à l’image de Lucas, qui lui a laissé le penalty qu’il avait lui-même provoqué pour la balle de break (23eme). « Bien sûr que j’avais envie de tirer, parce que je l’avais fait contre Saint-Etienne. Mais c’est normal, Edi est le numéro 9, le buteur de l’équipe. Je lui ai laissé, il n’y a pas de problème. »

Garande : « Cavani est phénoménal »

Surtout que comme tous ses partenaires, l’ailier brésilien est bien conscient de tout ce que le collectif doit à Cavani. Ce tout, c’est encore Garande qui en a parlé le mieux vendredi : « C’est un joueur que j’adore, je trouve qu’il est phénoménal. Il a toujours ce paradoxe, qui fait que s’il mettait toutes les occasions qu’il se crée, il mettrait quarante-cinq buts par saison. Mais je pense que tous ses entraîneurs sont ravis de l’avoir, y compris la saison dernière quand il jouait sur un côté. Il fait un boulot défensif incroyable, n’arrête pas de faire des appels, est très intelligent dans ses déplacements et a toujours marqué des buts. » Quatre d’un coup, cela ne lui était arrivé qu’une seule fois en Europe, avec Naples contre le Dnipro en Ligue Europa en novembre 2012 (4-2). A une époque où il était celui que le PSG attend depuis si longtemps. Et si Al-Khelaïfi avait raison ? Et si ce match à Caen était le premier jour du reste de la vie de Cavani à Paris ? Cela signerait la fin d’une trop longue attente pour la recrue la plus chère de l’histoire de la L1.
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