L1 - Nantes : Nicolaj Thomsen a bien l'½il du tigre

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L1 - Nantes : Nicolaj Thomsen a bien l'œil du tigre
L1 - Nantes : Nicolaj Thomsen a bien l'œil du tigre

Un an après avoir failli signer à Nantes, Nicolaj Thomsen s’y est finalement engagé cet été. Une preuve de la persévérance du milieu international danois, dont un œil est déficient, sans que cela n’impacte son jeu pour autant.

C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué qui a fini par se concrétiser. Il y a un an déjà, tout était bouclé pour le transfert de Nicolaj Thomsen à Nantes. Mais tout avait capoté au dernier moment, alors que les dirigeants des Canaris avaient un accord avec Aalborg, club de toujours de l’international danois (23 ans, 1 sélection), et que le joueur n’avait plus qu’à signer un contrat de quatre ans. La raison officielle de ce revirement de situation de dernière minute : la découverte pendant la visite médicale d’une déficience du joueur à un œil. Une histoire à laquelle ne croit pas Kenneth Jensen, journaliste pour le quotidien sportif Tipsbladet au Danemark. « Nantes ne l’a pas recalé à cause de son œil, nous assure-t-il. Penser que le club a découvert son problème au dernier moment, c’est n’importe quoi, ils étaient au courant bien avant. Tout le monde le savait, Thomsen en parlait lui-même, donc ce n’était pas une surprise. C’était seulement une tentative de faire baisser le prix. »

Recalé du centre de formation d’Aalborg

Et pourtant, cela ne le gêne en rien sur un terrain. « Un de ses yeux est paresseux, mais ça n’a jamais été un problème pour lui, il voit le jeu comme il le devrait, souligne Jensen. C’est quelque chose qu’il a toujours eu, ce n’est pas comme si quoique ce soit avait changé. Ça n’impacte pas son jeu. » Au contraire, ça aurait plutôt nourri sa détermination et son envie de réussir, comme son parcours atypique, que décrit ainsi Jensen : « Thomsen a éclos sur le tard. Il n’a jamais été le plus talentueux, mais il travaille extrêmement dur. Il avait été recalé du centre de formation d’Aalborg, mais il a quand même réussi à s’imposer en équipe première et ne cesse de progresser depuis. » Retour en 2015. Waldemar Kita n’ayant pas réussi à négocier l’indemnité de transfert, alors fixée à deux millions d’euros, le natif de Skagen est rentré au pays la tête dans les chaussettes. « Quand il est revenu, il n’a pas très bien joué, je pense qu’il était affecté, analyse Jensen. Mais il a réussi à chasser ça de son esprit et a vraiment été excellent par la suite. Il a été très constant et a même marqué des buts, ce qu’il ne faisait que très peu auparavant. »

De deux millions à 600 000 euros

Thomsen a sorti la meilleure saison statistique de sa carrière, avec dix buts et onze passes décisives en 39 matchs toutes compétitions confondues. Des chiffres ronflants pour un milieu offensif, ce qui a incité Nantes à revenir à la charge. « C’est un joueur qu’on suit depuis un an, nous expliquait en juillet Franck Kita, directeur général du FCN. Parfois, on n’arrive pas à conclure. Mais, après avoir regardé ses matchs tous les week-ends, on a repris contact en janvier avec lui. On a réussi à clore ce dossier assez rapidement. On est ravi d’avoir parmi nous ce très gentil garçon, qui est très talentueux. » Surtout que son père a obtenu la ristourne initialement voulue, la transaction étant estimée à 600 000 euros pour un joueur qui n’avait plus que six mois de contrat. Si le deal a fini par se faire, c’est que les deux parties le souhaitaient vraiment. « Thomsen voulait venir à Nantes et c’était pareil pour le club, nous explique Jensen. C’est une bonne étape pour lui, au lieu d’aller dans une équipe où il n’aurait pas eu sa chance. Tout le monde est gagnant. »

Les exemples Hansen et Gravgaard

En claquant le premier, et pour l’instant seul, but de la saison nantaise, synonyme de victoire à Dijon lors de la première journée de L1 (0-1), l’ailier polyvalent, suivi par Jocelyn Gourvennec au temps où il entraînait Guingamp, a eu vite de fait balayer de les doutes. Il a disputé les quatre premiers matchs des Canaris en L1 cette saison, pour 300 minutes du jeu au total. Mais il reste néanmoins des sceptiques, nombreux dans son pays, où il n’est pas encore prophète. Pour preuve, il était du dernier rassemblement de la sélection danoise, mais sans jouer la moindre minute des deux matchs au programme. « C’est un garçon discret, il ne fait pas beaucoup de bruit, justifie Jensen. Comme joueur, il est techniquement doué, mais il n’est pas perçu comme un futur international à 50 sélections. » Dernier arrivant d’une filière danoise active à Nantes, avec les exemples Kian Hansen et Michael Gravgaard dans un passé récent, Thomsen doit avoir l’ambition de laisser une trace au club autrement plus marquée que ses devanciers. Ce serait le signe d’une idylle réussie, après avoir tant tardé à se matérialiser.
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