L'US Navy renforce sa présence au large de la Syrie

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L'US NAVY RENFORCE SA PRÉSENCE EN MÉDITERRANÉE
L'US NAVY RENFORCE SA PRÉSENCE EN MÉDITERRANÉE

par Oliver Holmes

WASHINGTON (Reuters) - L'US Navy va renforcer sa présence en Méditerranée en raison des derniers développements de la guerre civile syrienne, a-t-on appris auprès du Pentagone tandis que Damas accusait à son tour les rebelles de recourir aux armes chimiques.

La marine américaine, qui disposera de quatre destroyers dans la région, soit un de plus que prévu, n'a toutefois reçu aucun ordre d'intervention, souligne-t-on à Washington.

Mais Chuck Hagel, secrétaire à la Défense, a laissé entendre clairement qu'il s'agissait de positionner des forces navales en vue d'une éventuelle intervention militaire après l'épisode de mercredi.

"Le département de la Défense a la responsabilité de fournir au président des options adaptées à toutes les circonstances. Et cela nécessite de disposer nos forces, de disposer nos éléments afin d'être en mesure de mettre en oeuvre différentes options", a-t-il expliqué au cours d'un voyage en Malaisie.

Selon l'opposition syrienne, 500 à 1.300 civils ont succombé à un gaz neurotoxique employé mercredi par les forces gouvernementales contre des positions rebelles de la banlieue est de Damas. Les images diffusées à l'appui de ces allégations ont soulevé une nouvelle vague d'indignation et les appels en faveur d'une intervention occidentale sous l'impulsion des Etats-Unis se multiplient.

Barack Obama devait recevoir dans le courant de la journée de samedi ses conseillers à la sécurité nationale à la Maison blanche pour évoquer ce bombardement, dont l'ampleur serait sans précédent depuis le début de la guerre civile.

Aucune décision ferme n'est toutefois attendue.

Le président des Etats-Unis, interrogé vendredi par CNN, a fait part de sa "grave préoccupation" tout en prenant soin d'ajouter qu'il n'était pas question pour les Etats-Unis de "s'embourber" dans un nouveau conflit au Moyen-Orient.

L'IRAN DÉFEND LA THÈSE D'UNE MACHINATION

Interrogé sur la "ligne rouge" dont il parlait l'an dernier en évoquant l'usage éventuel d'armes chimiques, Barack Obama est resté évasif.

"Si les Etats-Unis interviennent militairement dans un pays tiers sans mandat de l'Onu et sans que des preuves évidentes ne puissent être présentées, alors se poseront des questions au regard du droit international", a-t-il répondu.

Pour les autorités syriennes, ce sont les rebelles eux-mêmes qui ont fait usage d'armes chimiques afin de susciter l'indignation de la communauté internationale et d'obtenir une intervention étrangère.

Des militaires ont d'ailleurs découverts des agents chimiques dans des tunnels pris aux insurgés dans la banlieue à Jobar, dans la banlieue de la capitale, affirme samedi la télévision nationale syrienne.

A Téhéran, le nouveau président Hassan Rohani a pour la première fois reconnu que des armes chimiques avaient fait des victimes en Syrie, sans toutefois parler des responsabilités. Pour le ministère iranien des Affaires étrangères, en revanche, tout indique qu'il s'agit d'un acte imputable aux rebelles.

"Il y a des preuves que cet acte a été commis par des mouvements terroristes. La coïncidence du recours à ces armes avec la présence d'inspecteurs des Nations unies est en soi une indication qu'on cherche à accuser le gouvernement et à faire en sorte que le conflit et la crise se poursuivent", a déclaré un porte-parole iranien.

FABIUS POUR UNE "RÉACTION FORTE"

Des experts de l'Onu sont arrivés dimanche en Syrie pour enquêter sur d'autres recours présumés aux armes chimiques et cherchent désormais à se rendre sur les lieux du bombardement de mercredi. Angela Kane, haute-représentante de l'Onu pour le désarmement, s'est par ailleurs rendue samedi à Damas pour obtenir le feu vert des autorités.

De sources proches des services de sécurité américains et européens, on indique que les Etats-Unis et de leurs alliés sont parvenus à la conclusion que les forces syriennes ont bien eu recours à des armes chimiques avec l'aval du gouvernement.

"Toutes les informations dont nous disposons convergent pour dire qu'il y a eu un massacre chimique en Syrie près de Damas et pour indiquer que c'est le régime de Bachar al Assad qui en est à l'origine", a déclaré Laurent Fabius lors d'une conférence de presse à Ramallah (Cisjordanie) aux côtés du Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Rami Hamdallah.

"Les informations que nous avons montrent que ce massacre chimique est d'une telle gravité que bien évidemment celui-ci ne pourra pas rester sans réaction forte", a-t-il ajouté, reprenant en partie des propos tenus jeudi.

Cette réaction pourrait prendre la forme de tirs de missile en direction des unités militaires jugées responsables des bombardements chimiques ou des moyens aériens et balistiques de l'armée syrienne, dit-on au Pentagone, tout en soulignant qu'aucun préparatif en ce sens n'est à l'ordre du jour.

Ces frappes pourraient être effectuées à l'aide de moyens aérien capables d'intervenir sans pénétrer dans l'espace syrien, ou à partir des bâtiments américains croisant en Méditerranée, dont la présence doit donc être renforcée.

L'"USS Mahan", un destroyer équipé de missiles de croisière, devait regagner sa base de Norfolk, en Virginie, mais le commandement de la VIe flotte a décidé de le maintenir dans la région, a-t-on précisé de source proche du Pentagone.

Avec Mark Hosenball, Arshad Mohammed, Roberta Rampton, Jeff Mason, Andrea Shalal-Esa, Patricia Zengerle, Phil Stewart et Lesley Wroughton, Jean-Philippe Lefief pour le service français

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  • knbskin le samedi 24 aout 2013 à 17:42

    On ne va quand même pas faire un fromage d'UN "Burke" (300 marins) de plus en Méditerranée, non ?