L'unité reste un combat à gagner pour l'UMP

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L?UMP DOIT DÉSORMAIS RECONSTRUIRE SON UNITÉ
L?UMP DOIT DÉSORMAIS RECONSTRUIRE SON UNITÉ

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite a poussé mardi un soupir de soulagement après l'armistice conclu entre Jean-François Copé et François Fillon dans la bataille pour la présidence de l'UMP mais la reconstruction de l'unité du parti ne sera pas chose aisée.

Après un mois de psychodrame et des accusations de fraude, le président proclamé de l'UMP et l'ancien Premier ministre, qui contestait la régularité du scrutin interne du 18 novembre, ont trouvé lundi un compromis.

Leur accord prévoit une nouvelle élection à la présidence de l'UMP en septembre 2013 et pose les jalons de la future compétition à droite pour la présidentielle de 2017.

Le groupe dissident "R-UMP", dont François Fillon faisait un outil de pression, sera dissous début janvier et une direction paritaire sera mise en place à la tête du parti d'opposition.

Les deux groupes se sont réunis séparément mardi matin mais ont voulu afficher leur réconciliation en multipliant à la sortie poignées de main et salutations.

Jean-François Copé estime que "la page est tournée" et que les conditions sont là pour "trouver le chemin du collectif".

"Nous nous sommes retrouvés, mis d'accord et serré la main et je crois que c'était la plus belle des choses après ces trois semaines vraiment de cauchemar, il n'y a pas d'autre mot", a-t-il dit sur RMC et BFM TV.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, partisan de Jean-François Copé, a minimisé la possibilité d'une reprise des affrontements.

"Le risque existe bien évidemment mais je pense que le risque peut être battu en brèche par à la fois la solidité et l'équilibre de l'accord qu'ils ont trouvé", a-t-il dit, même s'il a ajouté qu'il faudrait "redoubler d'attention".

"DIFFICILE DE RECONSTRUIRE"

Les ténors de l'UMP sont cependant loin de penser que tout est réglé après un mois d'une crise aussi médiatisée.

"Les choses ne seront pas faciles parce qu'effectivement on ne balaie pas comme ça d'un trait de plume sous prétexte qu'il y a deux signatures au bas d'une page un mois de crise, un mois de tensions particulièrement lourdes", a déclaré Benoist Apparu, député UMP proche d'Alain Juppé.

"Ça va être difficile de reconstruire, raison pour laquelle si on pouvait éviter de se poser la question des ambitions personnelles tout de suite, si on pouvait éviter de penser à l'élection tout de suite, ce serait pas plus mal."

Or, la présidentielle de 2017 est déjà dans toutes les têtes, comme le prouve l'ouverture, dans l'accord conclu, du chantier de la réforme des statuts et du fonctionnement interne du parti créé en 2002 sous l'impulsion de Jacques Chirac.

Un "comité de rédaction des statuts" en sera chargé et s'attellera à la définition de règles pour l'organisation de primaires pour la présidentielle.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a été le dernier médiateur en date, n'a pas caché qu'un long travail de réparation serait nécessaire pour restaurer l'unité du parti.

"Les séquelles seront lourdes et il va falloir qu'on respecte bien la parole donnée pour retrouver la confiance", a-t-il dit sur Europe 1, appelant à "tourner un peu ces pages de batailles personnelles".

Le député UMP Hervé Mariton, qui se dit "non engagé", craint le retour de la guerre des ego. "Ça ne veut pas dire que le choc des ambitions ne se renouvellera pas, mais ça veut dire en tout cas que la maison n'est pas brisée, que rien d'irréversible n'aura été accompli", a-t-il expliqué à Reuters.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, qui espère tirer profit des affrontements à l'UMP, estime d'ailleurs que l'accord conclu constitue "la pire des solutions".

Le compromis intervenu "va laisser perdurer pendant des mois une direction qui n'en est pas une, qui va relancer une campagne interne pendant l'été avec tous les dangers que l'on connaît en matière de tensions", a-t-elle dit lors d'une visite du marché de Noël des Champs Elysées, à Paris.

Pour Marine Le Pen, cette "guerre larvée" va atteindre "une pression supplémentaire lors des investitures des municipales" de 2014 et pendant tous ces mois, l'UMP "ne servira strictement à rien" puisqu'elle continuera à "se regarder le nombril."

Yves Clarisse, avec Emile Picy, Marine Pennetier et Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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