L'unité reste un combat à gagner pour l'UMP

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L?UMP DOIT DÉSORMAIS RECONSTRUIRE SON UNITÉ
L?UMP DOIT DÉSORMAIS RECONSTRUIRE SON UNITÉ

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite a poussé mardi un soupir de soulagement après l'armistice conclu entre Jean-François Copé et François Fillon dans la bataille pour la présidence de l'UMP, mais la reconstruction de l'unité du parti ne sera pas chose aisée.

Après un mois de psychodrame et des accusations de fraude, le président proclamé de l'UMP et l'ancien Premier ministre, qui contestait la régularité du scrutin interne du 18 novembre, ont trouvé lundi un compromis.

Leur accord prévoit une nouvelle élection à la présidence de l'UMP en septembre 2013 et pose les jalons de la future compétition à droite pour la présidentielle de 2017.

Le texte a été adopté mardi à l'unanimité en bureau politique, en présence de Jean-François Copé et François Fillon.

Mais "le diable est dans les détails", souligne un député "filloniste", et de fait, l'accord cosigné lundi soir laisse des points en suspens et la défiance intacte dans les deux camps.

Il reste à préciser les modalités matérielles du vote - les procurations seront toutefois bannies -, la répartition des postes dans la future direction collégiale, ou encore la période de "réserve" qui sera imposée à Jean-François Copé et ses proches lors de la prochaine campagne électorale.

Qui plus est, François Fillon, qui avait assuré le 21 novembre sur TF1 qu'il renonçait à la présidence de l'UMP, a signifié mardi devant son groupe à l'Assemblée, le "R-UMP", qu'il n'avait pas dit son dernier mot.

FILLON "NE SE DÉFILERA PAS"

Le député de Paris a précisé qu'il dirait en juin s'il est candidat ou non au prochain scrutin, qui devrait réveiller les ambitions au sein du parti.

"Je ne me défilerai pas si en juin ma candidature est nécessaire et utile. Nous en parlerons ensemble. Je n'ai pris aucune décision définitive", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par des participants à la réunion.

Jean-François Copé a dit pour sa part qu'il se prononcerait "le moment venu".

Aux termes de l'accord, la campagne électorale se déroulera entre le 1er juillet et le 30 septembre, avec un premier tour de scrutin vraisemblablement à la mi-septembre.

Le groupe dissident "R-UMP", dont François Fillon faisait un outil de pression, sera dissous début janvier dès l'installation d'une direction paritaire où les postes de vice-président et secrétaire général, respectivement dévolus à Luc Chatel et Michèle Tabarot, seront "doublonnés" par des "fillonistes", Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

Les soutiens de François Fillon craignent d'être condamnés par les "copéistes", qui "sont dans la place", à de la figuration.

"Les séquelles seront lourdes et il va falloir qu'on respecte bien la parole donnée pour retrouver la confiance", a résumé sur Europe 1 l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dont la médiation a été décisive.

"ÇA VA ÊTRE DIFFICILE"

Le député UMP "non aligné" Benoist Apparu prédit des lendemains difficiles.

"On ne balaie pas comme ça d'un trait de plume sous prétexte qu'il y a deux signatures au bas d'une page un mois de crise, un mois de tensions particulièrement lourdes", a-t-il jugé.

"Ça va être difficile de reconstruire, raison pour laquelle si on pouvait éviter de se poser la question des ambitions personnelles tout de suite, si on pouvait éviter de penser à l'élection tout de suite, ce serait pas plus mal.

Pour le député Hervé Mariton, "ça ne veut pas dire que le choc des ambitions ne se renouvellera pas, mais ça veut dire en tout cas que la maison n'est pas brisée".

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, partisan de Jean-François Copé, s'est lui aussi voulu positif, malgré le risque d'une résurgence des affrontements.

"Le risque existe bien évidemment mais je pense que le risque peut être battu en brèche par à la fois la solidité et l'équilibre de l'accord qu'ils ont trouvé", a-t-il dit, même s'il a ajouté qu'il faudrait "redoubler d'attention".

Les groupes UMP et R-UMP se sont réunis séparément mardi matin à l'Assemblée mais ont voulu afficher leur réconciliation en multipliant à la sortie poignées de main et salutations.

"La page est tournée", assure Jean-François Copé.

Mais celle de l'élection présidentielle de 2017 s'entrouvre.

L'accord conclu lundi ouvre en effet le chantier de la primaire de 2016 qui désignera le champion de la droite pour la prochaine présidentielle.

Un "comité de rédaction des statuts" sera chargé de réformer les statuts du parti créé en 2002 et de définir les règles de la primaire. Le président en exercice de l'UMP devra ainsi se mettre en congé de ses fonctions s'il vient à concourir.

Sophie Louet, Yves Clarisse, avec Emile Picy, Marine Pennetier et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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