L'unité nationale résistera au terrorisme, dit Hollande à Nice

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 (Actualisé avec détails, témoignages) 
    par Matthias Galante 
    NICE, 15 octobre (Reuters) - Le terrorisme ne parviendra pas 
à diviser la nation ni à "alimenter la méfiance", a déclaré 
samedi François Hollande lors d'un hommage national aux victimes 
de l'attentat du 14 juillet qui a fait 86 morts à Nice.  
    Le président de la République a par ailleurs rendu un 
hommage appuyé aux magistrats, ulcérés cette semaine par ses 
propos sur la "lâcheté" de leur corps rapportés dans un livre de 
deux journalistes du Monde. Il leur appartiendra, a-t-il 
souligné, d'établir "en toute indépendance" "toute la vérité" 
sur les circonstances de cette attaque.     
    "Ce qui a été frappé le 14 juillet, c'est l'unité nationale. 
C'est la visée monstrueuse qu'ont les terroristes: frapper les 
uns pour effrayer les autres, déchaîner la violence pour faire 
naître la division, susciter la peur pour alimenter la méfiance 
et la stigmatisation", a déclaré François Hollande. 
    "Eh bien non, je vous dis non, cette entreprise maléfique 
échouera: l'unité, la liberté, l'humanité, au bout du compte 
prévaudront", a-t-il ajouté.  
    Quatre-vingt six personnes ont été fauchées le 14 juillet 
dernier par un camion lancé dans une course folle sur la 
promenade des Anglais, où des centaines de personnes étaient 
venues observer le feu d'artifice.  
    "Ce devait être une joie, et ce fut un enfer", a dit 
François Hollande. "En quatre minutes, quatre minutes à peine, 
un poids lourd lancé en pleine vitesse au milieu d'une foule 
pacifique, a transformé la promenade des Anglais en cimetière." 
     
    "LONG CHEMIN DE LA RÉSILIENCE"  
    Les noms des 86 victimes ont été égrenés samedi, et une rose 
blanche déposée pour chacune d'entre elles sur une stèle 
symbolique.  
    Pour nombre de leurs proches, cette cérémonie était très 
attendue, a dit à Reuters Vincent Delhomel-Desmarest, secrétaire 
général de l'association de victimes Promenade des Anges.  
    "Nous avons quitté la bande d'arrêt d'urgence pour prendre 
un tunnel sur le long chemin de la résilience qui nous attend", 
a-t-il expliqué avant l'hommage national. "Grâce à cette 
solidarité nationale, la douleur va s'estomper un peu, la 
reconstruction sera très longue." 
    Quelque 750 proches de victimes, blessés et autres personnes 
concernées par l'attentat ont assisté samedi à la cérémonie 
organisée sur la colline du château surplombant la promenade des 
Anglais, et qui a réuni environ 2.000 personnes au total.  
    "Ce genre de commémoration soulage un peu ma douleur et 
permet de voir qu'on n'est pas tout seuls", a dit à Reuters 
Bruno Razafitrimo, 36 ans, à l'issue de l'événement. "C'est une 
petite consolation", a ajouté ce conducteur de bus qui a perdu 
son épouse de 31 ans le soir du drame, le laissant seul avec ses 
deux enfants.  
    Certaines familles ont été touchées sur trois générations 
par cette attaque, a souligné François Hollande dans son 
discours. La victime la plus âgée, Mario, était un Italien de 92 
ans. La plus jeune, Léana, était une Niçoise d'un peu plus de 
deux ans. Quinze victimes avaient moins de 18 ans.  
    L'auteur de l'attaque, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un 
Tunisien de 31 ans, a bénéficié de "soutiens" et de 
"complicités" dans la préparation et l'accomplissement de son 
acte, qu'il semble avoir "mûri" pendant plusieurs mois, selon le 
procureur de Paris.   
 
 (avec Chine Labbé à Paris; édité par Henri-Pierre André) 
 
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  • nayara10 il y a un mois

    Ce n'était valable qu'hier....Il avait raison...