L'Union tente de détendre les relations avec la Turquie

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    LA VALETTE, 28 avril (Reuters) - L'Union européenne va 
s'efforcer vendredi de détendre les relations avec la Turquie 
malgré le malaise provoqué par le référendum sur l'extension des 
pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan et la répression de 
l'opposition, qui semble avoir mis fin aux ambitions d'Ankara 
d'intégrer un jour le bloc communautaire. 
    La réunion prévue à Malte entre les ministres des Affaires 
étrangères européens et leur homologue turc Mevlut Cavusoglu a 
pour principal objectif d'apaiser les tensions après les 
invectives qui ont marqué la campagne référendaire turque, 
pendant laquelle Recep Tayyip Erdogan a notamment comparé 
certains gouvernements européens, dont l'Allemagne, aux nazis. 
    Mais en dépit de la colère suscitée par ces outrances et 
d'appels à la suspension du processus d'adhésion de la Turquie à 
l'Union européenne (UE), cette dernière a besoin de maintenir la 
coopération avec Ankara, qui reste un allié au sein de l'Otan et 
détient la clé du contrôle des flux de migrants et réfugiés en 
provenance du Proche-Orient. 
    "On ne peut pas faire comme si de rien n'était", souligne le 
commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn, qui 
supervise le processus d'adhésion de la Turquie et participera à 
la réunion à La Valette. 
    "Gardons notre sang froid et discutons d'une solution qui 
nous permette de travailler avec la Turquie", ajoute-t-il en 
allusion, par exemple, à une relation basée exclusivement sur 
une coopération en matière de commerce et de sécurité. 
    La candidature de la Turquie, lancée officiellement en 2005, 
est dans les faits au point mort en raison, notamment, des 
obstacles politiques posés par la situation de Chypre et de la 
résistance exprimée par de nombreux pays à l'adhésion d'un pays 
majoritairement musulman de 80 millions d'habitants, bien avant 
les récents évènements. 
    Si l'Autriche a réclamé l'abandon pur et simple du processus 
d'adhésion, d'autres pays du bloc sont plus prudents par crainte 
de la réaction du président turc, qui a menacé à plusieurs 
reprises de dénoncer l'accord sur les migrants conclu l'an 
dernier. 
    "Ce n'est pas à l'UE de fermer la porte", estime un haut 
diplomate européen. "C'est à la Turquie de faire ce choix." 
    Recep Tayyip Erdogan a déclaré à Reuters qu'il pourrait 
renoncer à adhérer à l'UE si Bruxelles n'accélère pas le 
processus, mais il s'est dans le même temps dit prêt à 
poursuivre les négociations. 
    Les Vingt-Huit demeurent le premier partenaire commercial de 
la Turquie et le plus gros investisseur étranger dans ce pays.   
  
      
 
 (Robin Emmott et Gabriela Baczynska; Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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