L'Union africaine lance un appel au calme au Gabon

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    LIBREVILLE, 4 septembre (Reuters) - Les tensions ont baissé 
d'un cran samedi au Gabon où l'annonce de la réélection d'Ali 
Bongo a provoqué des émeutes cette semaine tandis que l'opposant 
Jean Ping s'est autoproclamé président. 
    Dans un communiqué, le Conseil paix et de sécurité (CPS) de 
l'Union africaine a lancé un appel au calme, soulignant que la 
situation dans le petit pays d'Afrique centrale risquait 
d'affecter la stabilité régionale. 
    Il "appelle toutes les parties prenantes au Gabon à faire 
preuve de la plus grande retenue et à faire usage de toutes les 
voies légales et constitutionnelles pour trouver une solution à 
tout différend relatif aux résultats provisoires de l'élection 
présidentielle".  
    Comme la veille, des magasins ont rouvert et la circulation 
routière se faisait plus dense dans la capitale gabonaise. Mais 
sur le fond, la situation n'a pas changé. 
    Après s'être autoproclamé vendredi soir vainqueur du scrutin 
du 27 août - "Le président, c'est moi", a-t-il dit lors d'une 
conférence de presse   -, Jean Ping a publié samedi 
une tribune dans le New York Times dans laquelle il demande aux 
Etats-Unis de faire comprendre au clan Bongo qu'ils 
n'accepteront pas une élection volée. 
    Il demande aussi à l'Union européenne d'accentuer ses 
pressions pour que la commission électorale (Cenap) publie les 
résultats du scrutin bureau par bureau. 
    "Le peuple du Gabon a voté pour son nouveau dirigeant, il 
m'a choisi, il a choisi le changement contre un régime 
dynastique qui gouverne notre pays depuis 1967", écrit-il. 
    Les violences ont éclaté mercredi lorsque Ali Bongo, au 
pouvoir depuis la mort de son père Omar Bongo, en 2009, a été 
déclaré vainqueur avec 49,80% des suffrages contre 48,23% pour 
Jean Ping, soit moins de 6.000 voix d'écart. 
    La France, les Etats-Unis et l'Union européenne ont déjà 
demandé la publication bureau par bureau des résultats du 
scrutin pour plus de transparence, une requête rejetée par le 
camp Bongo. 
    Agé de 73 ans, Jean Ping, qui fut président de la Commission 
de l'Union africaine, est issu du premier cercle du pouvoir. 
Père de deux enfants avec la fille d'Omar Bongo, Pascaline, il a 
été ministre du défunt président avant de prendre ses distances 
avec son fils et de démissionner du Part démocratique gabonais 
(PDG) en 2014. 
 
 (Gerauds Wilfried Obangome; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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