L'Unedic prédit une hausse du chômage en 2014-2015

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L'UNEDIC TABLE SUR UNE POURSUITE DE LA HAUSSE DU CHÔMAGE EN 2014
L'UNEDIC TABLE SUR UNE POURSUITE DE LA HAUSSE DU CHÔMAGE EN 2014

PARIS (Reuters) - L'Unédic, l'organisme gestionnaire de l'assurance chômage en France a révisé à la baisse jeudi ses prévisions de déficit et de dette pour 2014, 2015 et 2016, malgré la poursuite de l'augmentation du nombre de chômeurs cette année et la suivante.

Selon l'Unedic, les demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité) augmenteront de 103.000 en 2014 et de 60.100 en 2015, à un rythme inférieur à 2013 (+ 174.800) mais nettement plus élevé que dans les prévisions de janvier dernier.

Le relèvement de 63.000 à 103.000 de la prévision pour 2014 s'explique surtout par un mauvais premier trimestre, avec 42.000 demandeurs d'emplois supplémentaires, a précisé la direction de l'Unedic lors d'une conférence de presse.

De même, toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d'emploi augmenterait de 120.300 en 2014 et 133.900 en 2015, après 232.000 en 2013.

Du coup, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) remonterait à 10% en 2014 après 9,8% fin 2013 et se stabiliserait à 10% l'an prochain.

Si l'Unedic prévoit la suppression nette de 27.400 affiliés à l'assurance chômage en 2014, la tendance devrait cependant s'inverser en 2015, avec la création de 66.400 postes.

La mise en oeuvre de nouvelles règles négociées en mars par les partenaires sociaux permettra malgré tout aussi de réduire le déficit de l'assurance chômage de 300 millions d'euros en 2014 par rapport à 2013, dont 210 millions de dépenses en moins et 90 millions de recettes en plus.

STABILISATION DU DÉFICIT EN 2015

L'impact de la nouvelle convention serait ensuite de 830 millions en 2015 (+190 millions de recettes, -640 millions de dépenses), 770 millions en 2016 et 450 millions en régime de croisière, estime l'Unedic.

L'organisme prévoit ainsi un déficit de 3,7 milliards d'euros pour 2014, au lieu de 4,3 milliards dans sa prévision de janvier, après quatre milliards en 2013. Cela porterait sa dette cumulée à 21,3 milliards, au lieu des 22,1 initialement prévus.

En 2015, son déficit se stabiliserait à 3,6 milliards d'euros et son endettement atteindrait 24,9 milliards.

Il s'attend à une confirmation de la tendance en 2016, année à la fin de laquelle le déficit serait encore de 3,6 milliards d'euros, tandis que la dette atteindrait 28,6 milliards d'euros, quatre milliards de moins que dans les prévisions de janvier.

Le bureau de l'Unedic se fonde sur une hypothèse de croissance du PIB de 0,8% en 2014, 1,3% en 2015 et 1,5% en 2016.

La nouvelle convention d'assurance chômage, signée par le Medef, la CGPME et l'UPA côté patronal, la CFDT, la CFTC et Force ouvrière côté syndical, instaure de nouvelles règles de calcul des indemnités mais introduit aussi de nouveaux droits, qui augmenteront le nombre de chômeurs indemnisés.

Elle instaure notamment un mécanisme dit de "droits rechargeables", prévu par la loi sur la sécurisation de l'emploi de 2013 et qui permet notamment de repousser le moment où un chômeur abonné aux contrats courts voit ses droit prendre fin.

Outre la poursuite du nombre de demandeurs d'emploi, ces nouveaux droit contribuent de facto à augmenter le nombre de chômeurs indemnisés par l'assurance chômage.

UNE PROMESSE NON TENUE

L'Unedic prévoit une augmentation du nombre de chômeurs indemnisés de 109.300 en 2014, à 2,412 millions, après 2,3 millions en 2013, et de 55.000 en 2015, à 2,467 millions.

Priée de dire quand la courbe du chômage s'inverserait, la présidente de l'Unedic, Patricia Ferrand, de la CFDT, a répondu : "Notre job n'est pas de prévoir la courbe du chômage (...) mais plus vite elle se retournera mieux ce sera."

Le vice-président de l'organisme, Jean-François Pilliard, négociateur du Medef, a quant à lui estimé qu'il fallait pour cela un retour à une croissance "qui ne soit pas erratique et qui soit significative", ainsi qu'un retour de la confiance.

Les "promesses du pacte de responsabilité" - une baisse des charges sociales des entreprises pour redresser leurs capacités d'investissement et d'embauche - peuvent le favoriser, "à condition qu'elles soient traduites en actes", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat, François Hollande, n'a pas pu tenir sa promesse d'inverser la courbe du chômage fin 2013.

Le nouveau ministre du Travail, François Rebsamen, s'est fixé plus prudemment comme objectif de ramener le nombre de chômeurs sous les trois millions en fin de quinquennat, en 2017.

L'Unedic estime à un peu plus de 50.000 emplois l'impact des politiques publiques - crédit d'impôt compétitivité-emploi, pacte de responsabilité, contrats de générations - en 2014 dans le champ de l'assurance chômage et à 60.000 l'année suivante.

(Emmanuel Jarry et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • callamos le vendredi 23 mai 2014 à 08:26

    Il faut embaucher pour raboter les Quais... Ça fera moins de chômeurs

  • fredgg84 le jeudi 22 mai 2014 à 23:54

    Ceux qui nous disent que le chômage va baisser avec une croissance nulle nous mettent une quenelle

  • idem12 le jeudi 22 mai 2014 à 20:55

    Impossible, nos élus disent le contraire !!! Peut-être que Manu va accuser l'UNEDIC antisémitisme ?

  • mauralph le jeudi 22 mai 2014 à 20:19

    Il faudra aussi penser à rembourser les 24 milliards d'euros de dettes

  • dupon666 le jeudi 22 mai 2014 à 19:22

    Ils comptent surtout sur le fins de droits...pas sur la reprise des embauches

  • a.laroc2 le jeudi 22 mai 2014 à 19:17

    la reprise est la on la sent c'est depuis qu'il à senti le retournement ça sent la m e r d e

  • dcouplet le jeudi 22 mai 2014 à 18:27

    mais non il va y avoir l'inversion.....

  • kejocol le jeudi 22 mai 2014 à 18:27

    Une prevision qui tombe mal car NEU NEU et Sapin et Monbour n'ont pas prevu que le chomage augmente. selon eux, la situation se retourne et la croissance est en route. le gros PB, il n'y a qu'eux pour le voir, ce sont des mediums et donc il faut qu'ils changent de metier.