L'un des permis de rénovation de la Samaritaine validé

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PARIS (Reuters) - Le tribunal administratif de Paris a validé vendredi l'un des permis de construire permettant la rénovation du grand magasin parisien la Samaritaine, un projet du groupe de luxe LVMH contesté par des associations de défense du patrimoine.

La requête de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) et de SOS Paris a été rejetée pour l'un des permis concernant le côté Seine, selon l'ordonnance obtenue par Reuters.

"La Samaritaine est satisfaite de la décision du tribunal concernant le côté Seine", a déclaré une porte-parole.

Le recours contre un second permis concernant le côté rue Rivoli sera examiné le 29 avril en audience plénière du tribunal administratif, a-t-on appris auprès des parties.

"Cela laisse le temps aux démolisseurs de continuer tranquillement", a déploré SOS Paris sur son compte Twitter.

Les associations de défense du patrimoine, qui dénoncent un projet "dénaturant le centre de Paris", espèrent encore sauver l'immeuble du côté rue de Rivoli, les trois autres bâtiments anciens situés côté Seine ayant été déjà démolis.

Fermée depuis 2005, la Samaritaine, bâtiment emblématique de la capitale, fait l'objet d'une rénovation majeure.

LVMH a obtenu en décembre 2012 le feu vert pour la construction du site de la "nouvelle" Samaritaine, qui comptera un hôtel de grand luxe, des commerces, des bureaux et des logements sociaux.

Dans son jugement, le tribunal administratif a estimé que ce nouveau plan d'occupation n'était pas incompatible avec le schéma directeur de la région Ile-de-France, qui prévoit la limitation du développement des activités de bureaux dans le centre historique de Paris.

Le coût total du projet, qui atteint 450 millions d'euros, est entièrement financé par le groupe de luxe, propriétaire de l'ensemble.

La seule grande modification architecturale, selon LVMH, concerne la façade donnant sur la rue de Rivoli, pour laquelle les architectes ont imaginé un verre ondulant et sérigraphié laissant deviner les bureaux qui occuperont les étages.

Pour les associations, cette irruption d?une façade moderne dans l?alignement de la rue de Rivoli "vient contredire la politique de la mairie de Paris et des services de l?Etat depuis trente ans".

Le juge des référés du tribunal administratif de Paris avait refusé en juillet 2013 de suspendre en urgence deux permis de construire relatifs au réaménagement de la Samaritaine. Mais ce rejet avait été annulé le 5 mars par le Conseil d'Etat, renvoyant de nouveau l'affaire devant le tribunal administratif.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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