L'UMP va s'ouvrir aux primaires pour 2017

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L'UMP va s'ouvrir aux primaires pour 2017
L'UMP va s'ouvrir aux primaires pour 2017

PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est prononcé vendredi pour l'organisation de primaires au sein du parti de droite pour l'élection présidentielle de 2017, estimant qu'une telle consultation s'imposait comme une "évidence".

A 48 heures du second tour de la présidentielle, il a déclaré aussi croire aux chances de réélection de Nicolas Sarkozy, donné battu dans tous les sondages, même s'il estime nécessaire aujourd'hui "d'ouvrir une nouvelle page dans l'histoire de l'UMP".

"Je reste dans l'idée que ça peut tout à fait le faire", a-t-il dit à propos d'une victoire au deuxième tour.

"Quand je vois une telle mobilisation, je me dis 'il y a un truc' ! (...) jusqu'à la dernière minute, il peut y avoir une surprise", a-t-il indiqué devant des journalistes.

Sans se projeter sur le scrutin de 2017, pour lequel il n'a jamais caché ses ambitions, le secrétaire général de l'UMP a déclaré, en réponse à une question, que l'organisation de primaires s'imposerait.

"Des primaires à l'UMP ? C'est écrit, c'est une évidence", a-t-il dit, alors qu'il avait refusé de se prononcer sur la question au moment où les socialistes organisaient les leurs, en 2011. "Il n'y a pas de débats sur la question", a-t-il ajouté.

Aux commandes de l'UMP depuis fin 2010, Jean-François Copé entend bien conserver les rênes du parti après le 6 mai et a proposé cette semaine d'autoriser la création de courants organisés en son sein pour que ses différentes sensibilités puissent s'y exprimer.

S'il ne s'inscrit que dans l'hypothèse d'une victoire de Nicolas Sarkozy, le député-maire de Meaux, en agissant ainsi, prend les devants pour tenter d'empêcher que les secousses qui ne manqueraient pas de suivre une défaite du président sortant ne menacent l'unité de la formation.

Il s'emploie aussi à prévenir une offensive de ses rivaux, au premier chef le Premier ministre François Fillon, voire le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, qui a déjà dit qu'il ne se désintéresserait pas de l'UMP en cas de défaite à la présidentielle.

CAUCHEMAR ABSOLU

Dans une interview au quotidien gratuit Métro, Jean-François Copé a indiqué qu'il fallait "ouvrir une nouvelle page dans l'histoire de l'UMP" en autorisant l'organisation de "mouvements" organisés en son sein.

Devant les journalistes, il a expliqué qu'il s'agissait de "tout faire pour éviter le retour à l'UDF et au RPR", les deux partis, l'un libéral et centriste, l'autre néo-gaulliste, qui ont fusionné pour créer l'UMP, "ce qui serait un cauchemar absolu."

Selon lui, les centristes de l'UMP, dont les chefs de file sont Pierre Méhaignerie et Marc Philippe-Daubresse, les libéraux et Alain Juppé ont tous donné leur accord. Il a ajouté que la Droite populaire, l'aile "sécuritaire" du parti, mènerait également une réflexion sur la création d'un mouvement de sa propre sensibilité.

Sur France Inter, François Fillon a déclaré qu'il avait "toujours été favorable à ce qu'il y ait une expression diverse dans l'UMP".

"Pour réussir à couvrir le spectre qui va de la droite de la droite jusqu'au centre-gauche (...), il faut naturellement organiser une expression et un mécanisme de prise de décision qui permette à chacun de se retrouver", a-t-il dit.

S'il a déploré l'annonce par François Bayrou qu'il voterait pour le socialiste François Hollande, Jean-François Copé a souligné que le choix du président du MoDem était de nature "à renforcer la volonté des centristes de l'UMP d'y rester".

Outre le feu vert donné à la création de courants organisés au sein de l'UMP, le secrétaire général a annoncé un projet de comité de pilotage des élections législatives de juin.

La création de cette instance, qui regroupera de 15 à 20 personnalités, devrait être actée lors d'un bureau politique lundi après-midi. Une première réunion est prévue la semaine prochaine, sans doute jeudi.

Jean-François Copé, qui veut là encore jouer les rassembleurs, a indiqué qu'Alain Juppé avait accepté d'y participer et que François Fillon avait été lui aussi invité. Le ministre du Travail Xavier Bertrand, un autre adversaire du secrétaire général, devrait aussi être de la partie.

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

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  • LeRaleur le vendredi 4 mai 2012 à 19:26

    Si encore là.