L'UMP unanime pour s'opposer au "front républicain"

le
0
L'UMP unanime pour s'opposer au "front républicain"
L'UMP unanime pour s'opposer au "front républicain"

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - L'UMP a exclu lundi tout accord avec le Front national et tout désistement en faveur de la gauche dans les duels avec la formation d'extrême droite au second tour des élections législatives, pour lesquelles elle maintiendra ses candidats.

Réuni en bureau politique au lendemain du premier tour, la formation au pouvoir ces cinq dernières années s'est prononcée à l'unanimité en faveur de cette formule du "ni Front national, ni front républicain" qui avait suscité des divergences au plus haut niveau en son sein lors des cantonales de 2011.

"Dans les situations de triangulaires, nous demandons formellement à la totalité de nos candidats UMP qui sont en situation de se maintenir de le faire", a dit le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

"Dans les cas d'un duel Front national-gauche où on ne peut pas se maintenir, notre position est parfaitement claire: pas question de voter pour un candidat Front national, pas non plus question de voter pour un candidat socialiste qui aurait fait alliance avec l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, ni non plus de voter pour le candidat du Front de gauche", a-t-il ajouté lors d'un point de presse.

Cette position a été arrêtée à l'unanimité à l'issue d'une réunion de deux heures où sont notamment intervenus les anciens Premiers ministres François Fillon et Alain Juppé.

Lors des dernières cantonales, le premier avait pris ses distances vis-à-vis du "ni-ni" défendu par Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy en appelant à voter contre le Front national en cas de duel PS-FN au second tour.

Interrogé sur cette évolution, Jean-François Copé a indiqué que l'UMP n'avait pas assez insisté à l'époque sur l'alliance du Parti socialiste avec le Front de gauche, qu'il présente comme une formation d'extrême gauche.

"Front national et Front de gauche, comme leurs noms l'indiquent, proviennent des mêmes extrémismes et des mêmes populismes, l'un à droite, l'autre à gauche (...) La seule différence, c'est que le Parti socialiste a fait le choix (d'une alliance) sans aucun scrupule", a-t-il dit.

DEUX CAS SUR 577

Des voix se sont encore exprimées récemment à l'UMP, comme celles des anciens ministres Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Jouanno et Roselyne Bachelot, pour défendre des votes contre le FN dans les circonscriptions où le parti ne peut se maintenir.

Selon un sondage Ipsos/Logica Business Consulting pour France Télévisions, Radio France, Le Monde et Le Point, deux électeurs UMP sur trois sont favorables à des accords de désistement avec le FN pour battre des candidats de gauche.

Interrogé sur les risques de divorce entre la base et la direction du parti, le secrétaire général a reconnu que la situation sur le terrain était souvent "complexe" mais qu'il revenait aux "responsables d'exercer leurs responsabilités".

Le bureau politique de l'UMP se penchera ainsi la semaine prochaine sur le cas de Roland Chassain, candidat du parti arrivé troisième dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui a annoncé son retrait, une décision qui profite à une candidate du Front national face au socialiste Michel Vauzelle.

"Je condamne naturellement, cela va de soi", a dit Jean-François Copé, tout en invitant à "ne pas s'arrêter" sur une circonscription.

Interrogé sur l'intention prêtée à un autre candidat UMP, Etienne Mourrut, de se retirer de la deuxième circonscription du Gard en laissant le champ libre à l'avocat frontiste Gilbert Collard, il a évoqué un "scénario fictif".

"Il va de soi que ce que je dis pour les uns est valable pour les autres", a-t-il ajouté. Soulignant que l'UMP n'était confrontée ainsi qu'à "deux cas apparemment sur 577", il a invité la presse à s'intéresser en retour aux accords de désistement entre le PS et le Front de gauche.

Le bureau politique de l'UMP s'est d'autre part prononcé en faveur du maintien du candidat du parti contre François Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques, estimant que, en faisant savoir qu'il voterait pour François Hollande, le président du MoDem avait contribué "à son échelle" à la défaite de Nicolas Sarkozy.

Mais il a décidé dans le même temps de soutenir au deuxième tour des candidats proches de François Bayrou comme Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques) et Rodolphe Thomas (Seine-Maritime), qui n'ont pas suivi le leader du MoDem.

Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant