L'UMP tente l'union sacrée pour les législatives

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L'UMP tente l'union sacrée pour les législatives
L'UMP tente l'union sacrée pour les législatives

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, l'UMP s'est efforcée lundi d'afficher son unité au sommet et de mettre ses querelles d'egos sous l'éteignoir pour se lancer dans la préparation des législatives, un scrutin qu'elle croit possible de gagner.

La formation du chef de l'Etat a réaffirmé à cette occasion son opposition à toutes formes de négociations avec le Front national pour cette consultation, au moment où un élu de la Droite populaire, l'aile sécuritaire du parti, s'est posé publiquement la question d'un rapprochement avec celui-ci.

Les poids lourds de l'UMP, qui a réuni son bureau politique à son siège parisien, ont été unanimes pour faire des élections des 10 et 17 juin la seule priorité du moment et de n'ouvrir qu'ultérieurement la succession du président battu, qui a invité le parti à "jouer à fond" ce scrutin.

A l'initiative de Jean-François Copé, le bureau politique a approuvé la création d'un comité de pilotage stratégique de la campagne électorale d'une quarantaine de personnalités représentant toutes les sensibilités, qui se réunira pour la première fois jeudi.

Y figurent le Premier ministre François Fillon, qui a des vues sur le parti, ainsi que le précédent secrétaire général Xavier Bertrand, un autre adversaire du député maire de Meaux.

Le chef du gouvernement a insisté devant la presse sur la nécessité d'une "stratégie d'unité absolue autour d'un projet politique pour gagner les élections législatives" et priver la gauche de l'ensemble des pouvoirs.

PAS DE SANG

Pour le ministre du Logement Benoist Apparu, "la seule chose qui vaille aujourd'hui c'est les élections législatives. Ce qui se passera après, on en parlera après". Ce que son homologue des Transports Thierry Mariani a traduit en ces mots à l'adresse des nombreux journalistes présents : "Désolé si vous vouliez du sang, vous n'en aurez pas aujourd'hui."

Pris par cette priorité, le bureau politique n'a pas voulu se livrer à l'exégèse des raisons de la défaite de Nicolas Sarkozy, a indiqué Jean-François Copé.

Les différents responsables qui se sont exprimés à la sortie se sont surtout employés à mettre en cause la crise qui a "balayé" tous les gouvernements européens sortants ces deux dernières années, le chef de l'Etat pouvant par comparaison se prévaloir d'un "score honorable".

A partir de là, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, a indiqué que l'UMP ferait campagne "sur le thème du rassemblement et sur les idées et les valeurs que nous avons défendues tout au long de la campagne présidentielle".

"Il n'est pas question de changer de pied, de changer de conviction, d'idées, au contraire", a-t-il dit.

Selon Jean-François Copé, l'UMP ne s'interdira pas ainsi de "parler des sujets qui mobilisent les Français" comme l'immigration, la sécurité, la justice, la laïcité, l'Europe, la générosité et l'assistanat.

APPEL DE FILLON CONTRE LE FN

Mais il a rappelé dans le même temps que l'UMP n'entendait conclure "aucune alliance de quelque nature que ce soit" avec le Front national malgré les menaces de sa présidente Marine Le Pen, en insistant sur les dangers de la "vieille alliance objective" entre le Parti socialiste et le FN qui remonte aux années Mitterrand.

La perspective de nombreuses triangulaires défavorables à l'UMP en cas de maintien de candidats du Front risque cependant de susciter, au moins au niveau local, des appels en ce sens entre les deux tours du scrutin. Après le ministre de la Défense Gérard Longuet la semaine passée, c'est le député de la Gironde, Jean-Paul Garraud, qui a évoqué lundi la possibilité d'un dialogue avec la formation d'extrême droite.

François Fillon a exhorté l'UMP à "ne pas céder aux menaces de l'extrême droite, dont le but est de nous diviser pour ensuite nous briser".

Thierry Mariani, qui est un des fondateurs de la Droite populaire, a souligné pour sa part que, pour "la quasi-totalité" des membres de ce collectif de 43 députés, "aucun accord n'est possible avec le Front national".

Plusieurs élus ont évoqué la possibilité d'une victoire en juin au vu du rapport de forces droite gauche issu des présidentielles. Plus prudent, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Ollier a estimé qu'une alliance étroite de la droite et du centre "peut nous permettre de mettre en difficulté la gauche et même de les obliger à avoir une majorité relative."

En attendant, le bureau politique a décidé d'investir un candidat UMP face au président du MoDem François Bayrou, qui avait appelé à voter François Hollande à titre personnel.

Yann Le Guernigou, édité par Matthias Blamont

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  • dhote le mardi 8 mai 2012 à 09:13

    Il me semble que la position de Bayrou était suffisante pour faire echouer la droite , le béarnais a oublié qu'il a été élu grace à la droite. Hollande pourra lui offrir un strapontin dans le ministère des faux c...

  • baljo le mardi 8 mai 2012 à 00:02

    Marine Le Pen a fait plus que refuser la main tendue par Nicolas Sarkozy et l’UMP. En poussant ses électeurs à voter blanc (ce que deux millions d’entre eux ont fait), elle est la première responsable de l’élection de François Hollande. Une faute historique qui semble démontrer que le FN souhaite rester un parti de contestation marginal et demeurer l’allié objectif du PS.

  • chatnour le lundi 7 mai 2012 à 21:54

    Marine, y'a bon !

  • Feradur le lundi 7 mai 2012 à 21:54

    Cela sent l'explosion de l'UMP. C'est bien la gauche sera là pour 20 ans

  • mars4 le lundi 7 mai 2012 à 21:32

    Ils changeront peut-être d'avis après le premier tour(bien que j'en doute). Par contre, une partie de leurs électeurs ne voteront surement pas socialiste.

  • denisam1 le lundi 7 mai 2012 à 20:56

    des ANES qui persistent ..... Bande de BOURRIQUES ....pour les moins k ons d'entre vous , MARINE est votre seule chance ....