L'UMP tente de refaire son unité face à "l'urgence" économique

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L'UMP TENTE DE REFAIRE SON UNITÉ FACE À "L'URGENCE" ÉCONOMIQUE
L'UMP TENTE DE REFAIRE SON UNITÉ FACE À "L'URGENCE" ÉCONOMIQUE

PARIS (Reuters) - Un an après l'armistice entre Jean-François Copé et François Fillon, les dirigeants de l'UMP se sont accordés mercredi sur les grandes lignes d'un futur programme économique libéral censé résister à l'épreuve des primaires et à l'éventuel retour de Nicolas Sarkozy.

Les anciens Premiers ministres François Fillon, qui brigue l'investiture pour la présidentielle de 2017, et Alain Juppé, auquel on prête des ambitions élyséennes, avaient répondu à l'invitation du président de l'UMP ainsi qu'une quinzaine d'anciens ministres.

L'atmosphère cordiale et les sourires de circonstance consentis aux photographes et cameramen n'ont pas suffi à effacer les images de la guerre passée, mais plusieurs participants se sont félicités de la cohésion et des avancées "constructives" de ce séminaire de plus de deux heures.

"C'est une première étape dans la reconstruction de la crédibilité de ma famille politique", a commenté l'ancien ministre Bruno Le Maire.

Paralysée par un trop-plein d'ambitions et un aggiornamento idéologique balbutiant, l'UMP veut s'imposer dans les têtes comme une force d'alternance crédible et "reconquérir le coeur des Français" face à un exécutif socialiste impopulaire.

"Il y a une flamme. Cette flamme, c'est celle de l'UMP qui prépare un grand projet pour dire qu'il y a un autre chemin qui est indispensable pour la France", a déclaré Jean-François Copé.

François Fillon s'est "félicité" pour sa part d'"un travail de réflexion sur le projet et la crédibilité de l'opposition".

"SORTIE DÉFINITIVE" DES 35 HEURES

En l'absence de Nicolas Sarkozy, l'omniprésente statue du commandeur, ses rivaux putatifs ou déclarés ont défini de concert une série de "mesures d'urgence pour redresser la France" dont le détail peut s'interpréter en creux comme un diagnostic critique du bilan de l'ancien président.

Ainsi le parti d'opposition préconise-t-il désormais "la sortie définitive des 35 heures" : la durée du travail et le seuil de déclenchement des heures supplémentaires feraient l'objet de négociations dans le privé et le public. Il n'est plus question de la défiscalisation des heures supplémentaires, une mesure phrase du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

"L'Etat ne peut plus se payer ce luxe", dit-on à l'UMP.

En septembre dernier, Nicolas Sarkozy s'était gaussé en petit comité du "drôle de programme" des "39 heures payées 35" et de "la retraite à 65 ans" (l'UMP entend désormais repousser l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans en 2023).

"Bon courage à celui qui veut se faire élire là-dessus!", avait lancé l'ancien président.

L'autre ligne de force de cette esquisse de programme est la baisse de la dépense publique, qui serait ramenée à 50% du PIB (56,4% en 2012) en cinq ans.

Sur les 130 milliards d'euros d'économies réalisées (50% pour l'Etat, 50% pour la Sécurité sociale et les collectivités locales), 65 milliards seraient affectés au remboursement de la dette, 65 milliards à la baisse des impôts.

A l'heure où le gouvernement socialiste se divise sur un projet de réforme fiscale, l'UMP déclare vouloir "restaurer la confiance fiscale en assurant la non-rétroactivité et la stabilité dans le temps des mesures fiscales".

Dans un document de synthèse, l'équipe dirigeante précise vouloir rétablir la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite dans le domaine régalien et la journée de carence dans la fonction publique.

CONSENSUS IDÉOLOGIQUE?

Baisse des charges sociales, TVA anti-délocalisations, incitations à l'épargne productive, création d'un contrat de travail unique, simplification du Code du travail, dégressivité des allocations chômage pour "inciter à la reprise d'activité" : l'UMP veut résorber le chômage en "libérant" les entreprises et en combattant l'assistanat.

L'idée d'un smic par branches a été écartée.

"Il y a un consensus sur la liberté, la simplification administrative, même s'il subsiste quelques divergences à la marge", a résumé un participant.

Les mesures seront soumises au vote des cadres de l'UMP le 25 janvier lors d'un conseil national.

"On a un corps de doctrine qui commence à tenir la route. Ce qui est frappant, c'est le grand consensus qui se dégage. Rien à voir avec le Parti socialiste en 2008 qui avait des divergences idéologiques très profondes. Il le paie encore aujourd'hui", souligne-t-on dans l'entourage de Jean-François Copé.

Cet embryon de programme résistera-t-il pour autant à l'expérimentation des primaires en 2016, un exercice sans précédent pour l'UMP que les sarkozystes, fidèles à une tradition bonapartiste à droite, sont tentés d'esquiver?

"Ce sera un point de référence incontournable. Un candidat ne pourra pas s'affranchir ou s'exonérer totalement de tout ce qui est sur la table", veut-on croire à la direction du parti.

(Sophie Louet, édité par Guy Kerivel)

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