L'UMP tente d'incarner une opposition unie face à Hollande

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L'UMP TENTE D'INCARNER UNE OPPOSITION UNIE FACE À FRANÇOIS HOLLANDE
L'UMP TENTE D'INCARNER UNE OPPOSITION UNIE FACE À FRANÇOIS HOLLANDE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - A deux mois des élections municipales, les dirigeants de l'UMP ont affirmé samedi un front uni face à une majorité impopulaire, mais les divisions qui se sont ravivées à la faveur du tournant social-démocrate de François Hollande et les rivalités internes compliquent singulièrement l'oeuvre de "reconquête".

Les avertissements se sont multipliés à la tribune du conseil national de l'UMP, le "Parlement" du parti d'opposition réuni à Paris, pour mettre en garde contre un délitement suicidaire du parti alors que le Front national menace.

"2017, oh 'pécaïre', nous avons le temps d'y arriver. D'ici là, soyons unis, soyons solidaires!", a souligné avec sa faconde méridionale le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

Les prétendants déclarés ou putatifs à la primaire de 2016, à l'exception notable d'Alain Juppé, se sont donc affichés ensemble, sans "petites phrases", tandis que le plus éminent d'entre eux, Nicolas Sarkozy, distille les indices d'un retour.

Jean-François Copé et François Fillon, les duellistes de l'élection de l'automne 2012 à la direction du parti, assis à côte à côte, ont adressé à l'unisson des messages de rassemblement.

"L'UMP de 2014 n'est plus celle de la triste année 2012", a lancé son président, Jean-François Copé. "Il y aura toujours la tentation pour tel ou tel de marquer sa différence (...) Mais rien ni personne ne pourra empêcher l'UMP d'avancer chaque jour un peu plus que la veille, inexorablement, à la reconquête de la confiance des Français."

Pour l'ancien Premier ministre François Fillon, arrivé tardivement, "rien ne serait pire que d'aller vers les élections en ordre dispersé, en charriant nos amertumes et en protégeant nos arrière-gardes".

"LE DÉMON DE LA DIVISION"

"La ligne rouge, c'est la division", a martelé Jean-Pierre Raffarin en fustigeant les attaques ad hominem. "Drôle de façon de mener la guerre en tirant sur ses officiers!"

"La diversité, elle sert le parti; la division, elle sert l'adversaire. Il faut s'arrêter entre les deux", a-t-il lancé, ajoutant qu'une scission du parti mettrait "le FN devant".

L'ancien ministre Xavier Bertrand, candidat déclaré à la primaire d'investiture avec François Fillon, s'est présenté en "militant de l'unité".

"Nous ne devons jamais renouer avec le démon de la division (...) Les petites phrases et les flèches, adressez-les à la gauche et à François Hollande!", a-t-il ajouté.

Signe de la fragilité de cette unité sans cesse proclamée, les têtes de liste pour les élections européennes, dont la désignation a été source de conflits, ont été ratifiées à 74% alors que les listes pour les municipales l'ont été à 91%.

Une Haute autorité de neuf membres, présidée par la juriste Anne Levade qui avait veillé aux suites procédurales de l'élection interne de novembre 2012, a également été désignée pour organiser les primaires.

Un projet d'alternance, une ébauche de programme suspendue à la compétition de 2016, a été adopté à plus de 90%.

Si consensuelle soit-elle, aux dires de la direction du parti, cette série de mesures (économie, sécurité, justice, éducation, immigration, laïcité...) a rouvert des failles au sein de "la famille rassemblée".

Les questions de société, dont Hervé Mariton, responsable du projet, concède qu'elles divisent au sein du parti, ont été renvoyées à l'après-municipales.

LE PACTE HOLLANDE EBRANLE L'UMP

Au chapitre économique, l'UMP préconise une sortie définitive des 35 heures, le report de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans à l'horizon 2023, une baisse drastique de la dépense publique, ramenée à 50% du PIB (56,4% en 2012) en cinq ans avec 130 milliards d'euros d'économies.

Baisse des charges sociales, TVA anti-délocalisations, incitations à l'épargne productive, création d'un contrat de travail unique, simplification du Code du travail, dégressivité des allocations chômage: l'UMP veut résorber le chômage en "libérant" les entreprises et en combattant l'assistanat.

Mais le "pacte de responsabilité" proposé par François Hollande aux entreprises, auxquelles il promet une nouvelle baisse du coût du travail en échange d'embauches, a ébranlé la stratégie du parti.

Certains, comme Jean-François Copé, Xavier Bertrand ou Brice Hortefeux, fustigent la "mascarade" présidentielle tandis que d'autres, à l'image de Bruno Le Maire ou François Baroin, disent "Chiche", avec des réserves, au chef de l'Etat.

"La ficelle est énorme", estime le président de l'UMP, qui presse le Medef de ne pas tomber dans "le piège" et de souscrire aux réformes radicales portées par le parti d'opposition.

Trop radicales pour l'ancien ministre de l'Economie François Baroin, qui n'a pas voté le projet, ou encore l'ancien Premier ministre Alain Juppé, qui n'entend pas le cautionner.

"Je n'ai pas le sentiment d'être 'ultralibéral' comme certains se sont égarés à le dire. (...) Il s'agit de prendre des décisions courageuses", a plaidé Jean-François Copé.

édité par Henri-Pierre André

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  • Gary.83 le samedi 25 jan 2014 à 16:57

    pour faire plus mal que les socialos ce sera difficile !

  • clau0646 le samedi 25 jan 2014 à 16:15

    tous des super nuls, droite ou gauche !

  • ostrevan le samedi 25 jan 2014 à 15:59

    "opposition unie"; j'attends de l'UMP une collaboration avec ce gouvernement dans l’intérêt de la France. On refera de l'opposition quand tout ira bien !

  • rleonard le samedi 25 jan 2014 à 11:35

    "Méfions-nous de la tentation de recycler de vieilles idées que nous avons pas eu le courage de mettre en oeuvre quand nous étions au pouvoir", prévient Laurent Wauquiez !!! Il y en a au moins un de lucide

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