L'UMP sanctionnerait Lavrilleux, qui refuse de jouer les fusibles

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L'UMP VA SE PENCHER SUR LE SORT DE JÉRÔME LAVRILLEUX
L'UMP VA SE PENCHER SUR LE SORT DE JÉRÔME LAVRILLEUX

PARIS (Reuters) - L'UMP se penchera mardi soir sur le sort de Jérôme Lavrilleux, qui, menacé d'exclusion après ses révélations sur les fausses factures présumées de l'affaire Bygmalion, s'insurge contre "un procès politique" bafouant la présomption d'innocence.

Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, qui assument la gouvernance provisoire du parti depuis la démission forcée de Jean-François Copé, devaient se réunir à 18h00 avant d'affronter une heure plus tard un nouveau bureau politique statutaire sous haute tension.

Après les soubresauts judiciaires de l'affaire Bygmalion, un montage présumé destiné à masquer des dépassements de frais de l'ordre de 11 à 17 milliards d'euros durant la campagne de Nicolas Sarkozy, la révélation d'un prêt de trois millions d'euros à l'UMP en 2012 par le président du groupe UMP à l'Assemblée, à l'insu des députés, agite désormais le parti.

Christian Jacob devait s'expliquer mardi matin lors de la réunion du groupe. Des élus réclament sa tête, tandis que d'autres font valoir que cette initiative n'est pas illégale. Eric Ciotti a estimé mardi sur France Inter que l'ancien ministre chiraquien, qui s'est affranchi récemment de la tutelle de Jean-François Copé, avait été "l'instrument" de ce dernier.

"On essaie d'éviter le clash, la rupture, la cassure", a déclaré sur Europe 1 Jean-Pierre Raffarin.

"J'appelle tout le monde à ce que les tensions personnelles s'apaisent, il nous faut une double vérité. La vérité des militants, avec un congrès serein et démocratique, transparent, en novembre, et d'autre part la vérité de la justice qui nous dira la situation réelle du parti", a-t-il ajouté.

Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin assurent qu'ils ne se substitueront pas aux juges, contrairement à François Fillon qui veut "toute la lumière" sur la "mafia" copéiste, mais ils devraient enclencher une procédure d'exclusion à l'encontre de l'ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé qui a révélé le 26 mai sur BFM TV le système des fausses factures.

"LE TYPE QUI PAIERA POUR TOUS"

Jérôme Lavrilleux, élu député européen le 25 mai, fut directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Il a été entendu la semaine dernière durant douze heures par la police judiciaire.

Il se dit prêt à assumer ses responsabilités dans l'affaire tout en souhaitant que les autres membres de l'équipe de campagne fassent de même, notamment le directeur de campagne Guillaume Lambert, l'ex-directeur général de l'UMP Eric Cesari et l'ex-directrice financière du parti, Fabienne Liadzé.

Jérôme Lavrilleux dédouane catégoriquement Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé.

Alain Juppé a confirmé sur Europe 1 l'ouverture d'une procédure à son encontre "en accord avec le collège, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon".

"Cette procédure, qui comprend des garanties pour le parlementaire qu'est M. Lavrilleux, se déroulera sans doute sur un certain temps", a-t-il précisé.

Selon i>Télé, Jérôme Lavrilleux pourrait aussi être renvoyé devant la commission de discipline du parti.

Mais ce moine-soldat, entré au RPR en 1989, refuse de jouer les victimes expiatoires.

"Je ne serai pas le type qui paiera pour tous. Je suis un des rares à avoir eu le courage d'assumer certaines choses mais je ne serai pas le gentil mouton que l'on peut amener à l'abattoir sans rien dire", a-t-il dit au Monde.

"Si mon exclusion de l'UMP était prononcée, cela s'appellerait fouler aux pieds la présomption d'innocence", prévient-il.

"Je me battrai jusqu'au bout contre cette décision, en allant au bout de la procédure contradictoire. Je porterai plainte contre mon exclusion, qui ne repose sur rien car les statuts de l'UMP ne prévoient pas d'exclure une personne citée dans une affaire. Si mon exclusion était prononcée, ce serait donc un procès politique".

Plusieurs élus de l'UMP pressent Jérôme Lavrilleux de démissionner de son mandat européen, ce qu'il exclut. La session inaugurale du Parlement de Strasbourg, où siégeront les 751 eurodéputés, est prévue le 1er juillet.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • pbenard6 le mardi 24 juin 2014 à 13:07

    les adorateurs du veau d'or, copé et jacob, vont crier à l'antisémitisme

  • M1765517 le mardi 24 juin 2014 à 12:37

    c'est peut etre des milliard après tout, vu la valeur de l'argent !

  • bstefank le mardi 24 juin 2014 à 12:18

    "des dépassements de frais de l'ordre de 11 à 17 milliards d'euros durant la campagne de Nicolas Sarkozy," Si Reuters confond Mns et Mds On n'est pas prêt de connaitre la vérité avec des affirmations pareilles ! Quant à Lavrilleux il sait à qui il a affaire en "dédouanant JFC et NS"....

  • M8721653 le mardi 24 juin 2014 à 12:07

    Ce fu-mier s'est fait élire Député européen le 25 Mai pour déclarer sa magouille aux médias deux jours après

  • finkbro1 le mardi 24 juin 2014 à 11:42

    comment peut il y avoir encore des électeurs pour ces deux partis ultra corrompu qui tirent toutes les ficelles depuis 40 ans, c est ça la vrai question ....

  • M1310580 le mardi 24 juin 2014 à 11:31

    quelle déception pour les électeurs !