L'UMP prise au piège de l'ambiguïté face à l'extrême droite

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L'UMP prise au piège de l'ambiguïté face à l'extrême droite
L'UMP prise au piège de l'ambiguïté face à l'extrême droite

PARIS (Reuters) - L'UMP paraît de plus en plus écartelée entre son rejet de l'idéologie d'extrême droite et sa volonté de ne pas s'aliéner l'électorat du Front national, à la grande satisfaction de Marine Le Pen, qui estime que le "cordon sanitaire" a implosé.

L'identité même de la droite républicaine est l'enjeu de l'entre-deux-tours des élections législatives, soulignent les analystes, même si l'affaire du "tweet" de la compagne de François Hollande occulte quelque peu le débat.

Jean-Marc Ayrault juge que la stratégie du "ni ni" (ni Front national, ni front républicain) de nouveau validée par l'UMP pour le second tour du 17 juin - après les cantonales de 2011 - démontre que le parti prépare "une alliance stratégique avec le Front national".

"C'était en marche avec Nicolas Sarkozy, mais là, l'UMP est en train de franchir un cap", a déclaré mardi le Premier ministre socialiste.

Pour la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, "Nicolas Sarkozy a mis des passerelles" là où Jacques Chirac "avait mis des digues avec le Front national".

Jean-François Copé a répliqué mercredi qu'il n'avait "aucune leçon à recevoir" de Jean-Marc Ayrault qui "fait avec le Front de gauche ce que nous ne faisons pas avec le Front national".

Le secrétaire général de l'UMP, comme d'autres hauts responsables du parti tels Alain Juppé, se refusent toutefois à ostraciser les électeurs du FN, qui ne sont pas "des pestiférés", et mettent en exergue un "devoir" d'écoute à leur égard.

"Dès lors qu'il n'y a pas d'alliance avec l'extrême droite, on ne va pas en plus s'interdire de parler de tous les sujets qui intéressent les Français", a-t-il déclaré.

Pour Marine Le Pen, le débat est tranché. Le mur anti-FN "a implosé". "Ne serait-ce qu'avec la consigne donnée par l'UMP qui a enterré ce qu'ils appelaient le 'front républicain'", dit-elle dans une interview publiée mercredi dans Le Télégramme de Brest.

BRÈCHES

Le "Rassemblement bleu marine" espère tirer parti de la ligne stratégique de l'UMP - et de ses ambiguïtés - pour faire son retour à l'Assemblée nationale 26 ans après les législatives de 1986, avec cinq à sept élus.

"Mme Le Pen aimerait bien que la muraille de Chine tombe, mais ce n'est pas du tout le cas", a affirmé la sénatrice UMP Fabienne Keller sur RFI.

Des brèches se sont pourtant ouvertes, avec l'UMP Roland Chassain, troisième dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui s'est désisté en faveur de la candidate du FN face au socialiste Michel Vauzelle et avec l'ex-ministre UMP Nadine Morano en Moselle qui brigue les voix des électeurs du FN et s'en est expliquée dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute".

C'est encore le député UMP de Gironde Jean-Paul Garraud, membre de la Droite populaire, qui s'interroge sur "la pertinence du maintien d'un cordon sanitaire autour du Front national". "Les gens ne font plus la différence entre les partis au sein du bloc de droite", a-t-il expliqué à 20 Minutes.fr.

Jean-François Copé s'est prononcé mercredi, après François Fillon, pour l'exclusion de Roland Chassain et Alain Juppé a retiré son soutien à Jean-Paul Garraud, "en totale contradiction avec la position du bureau national de l'UMP".

François Fillon, qui s'était pourtant affranchi en 2011 du "ni ni" en appelant à "voter contre le FN", s'est rendu pour sa part à Toul (Meurthe-et-Moselle) afin de soutenir Nadine Morano, en difficulté dans la 5e circonscription.

L'ancien Premier ministre, qui avait marqué ses distances avec la "droitisation" de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, a dit partager les "mêmes valeurs" avec l'ancienne ministre de l'Apprentissage et a minimisé son interview à "Minute", précisant que "ce qui compte, c'est ce qui est écrit, ce n'est pas support".

"Je n'ai rien vu dans l'interview de Mme Morano qui soit contraire aux valeurs de la République. Il y a une instrumentalisation du Front national pour essayer de faire battre la droite et le centre", a-t-il dit à des journalistes.

Les tiraillements internes ont été mis sous l'éteignoir pour cause de législatives, mais les débats sur "le socle de valeurs communes" de la droite, amplifiés par le combat de chefs qui se profile à l'UMP, ne manqueront pas de resurgir au lendemain du second tour.

Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse

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  • o.julie2 le mercredi 13 juin 2012 à 15:58

    Le piège, quel piège ? Celui des médias qui diabolisent le Front National et qui oublient de faire de même avec Le Front de Gauche ( les communistes) , ces communistes qui ont une histoire peu reluisante si on regarde se qu'ils ont fait depuis leur origine.

  • fan42 le mercredi 13 juin 2012 à 15:50

    le fn n'est pas d'extrème droite, d'ailleurs le programme européen ump d'abandon total de la souveraineté française est un programme pour installer une dictature de gens non élus a la tête d'une europe dont les nations ne seront que soumises aux financiers ! Qui est d'extrême droite ? l'um ps