L'UMP ferme la porte au FN, va autoriser les courants

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L'UMP ferme la porte au FN, va autoriser les courants
L'UMP ferme la porte au FN, va autoriser les courants

PARIS (Reuters) - L'UMP a réaffirmé mercredi son opposition à toute négociation avec le Front national (FN), au moment où elle s'apprête à autoriser les courants en son sein pour canaliser les tensions qui pourraient apparaître après le 6 mai.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a été rappelé à l'ordre après avoir déclaré qu'il serait "possible" de parler avec la présidente du FN, Marine Le Pen, dont il a jugé "très respectable" le score de 17,9% au premier tour de la présidentielle.

"Il n'y a jamais eu, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'accord électoral avec le Front national ni de discussions ou négociations avec les leaders du Front national", a indiqué le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, au cours d'un point de presse.

"Nous avons une ligne politique, cette ligne est approuvée à l'unanimité, Gérard Longuet compris d'ailleurs. Elle n'a jamais changé, elle ne changera jamais, elle constitue l'un des piliers fondamentaux de l'UMP", a-t-il ajouté à propos de ce refus de parler au FN.

Les propos de Gérard Longuet, tenus dans une interview à l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, ont été évoqués lors de la réunion hebdomadaire du bureau national de l'UMP, mercredi matin.

"Il y a eu un petit échange sur ce sujet", a déclaré Jean-François Copé en réponse à une question. "Ce sont des déclarations qui lui appartiennent et qu'il a lui-même depuis nuancées", a-t-il ajouté avant de rappeler la ligne du parti sur le sujet.

L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a jugé la déclaration du ministre de la Défense "regrettable sur le fond et inopportune sur la forme".

"Elle est venue parasiter un peu la soirée d'hier alors que le discours (du 1er mai) de Nicolas Sarkozy était fort et puissant. C'est une position qui ne nous a pas servis", a-t-il dit sur France Info.

ÉVITER LES DIVISIONS

Cette polémique intervient alors que Jean-François Copé a annoncé son intention d'autoriser les différentes sensibilités de l'UMP à s'organiser en "mouvements", dans le but manifeste de prévenir une implosion du parti en cas de défaite de Nicolas Sarkozy, même s'il dit ne pas croire à celle-ci.

Les statuts de la formation née en 2002 de la fusion de l'ancien RPR, de tradition gaulliste, et de l'UDF, pro-européenne, libérale et centriste, prévoyaient cette possibilité, qui n'a pas été appliquée jusqu'à présent.

Dans un entretien au Figaro, Jean-François Copé déclare que les mouvements en question "doivent avoir les moyens de s'exprimer et de travailler au sein de notre famille politique", ajoutant: "Le pire, pour nous tous, serait un retour à une droite divisée comme du temps du RPR et de l'UDF".

Depuis qu'il est à la tête de l'UMP, fin 2010, Jean-François Copé a pris soin de laisser s'exprimer en son sein les différentes sensibilités du parti -Droite sociale, Humanistes, Droite populaire, Droite rurale...- dans le cadre de structures souples.

En les laissant s'organiser, il entend faire d'une pierre deux coups: canaliser autant que possible les tensions qui apparaîtraient en cas de défaite de Nicolas Sarkozy mais aussi prendre les devants dans la bataille qui s'annonce avec le Premier ministre François Fillon pour le contrôle de l'UMP, avec pour arbitre le ministre des affaires étrangères Alain Juppé et sous l'oeil attentif des chefs de file de la génération montante comme Laurent Wauquiez.

Prié de dire s'il anticipait, avec l'annonce de cette ouverture à quatre jours du deuxième tour, une défaite de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé a répondu: "Je ne me place que dans une seule chose, la perspective de la victoire et de la nécessité justement d'entendre toute cette diversité exprimée par M. Fillon, M. Raffarin, par M. Wauquiez".

Dans le même ordre d'idées, le secrétaire général de l'UMP a annoncé un projet de création d'un comité national stratégique de campagne réunissant les poids lourds de l'UMP pour préparer les législatives de juin.

La question sera à l'ordre du jour d'un bureau politique de l'UMP qui se réunira lundi, au lendemain du deuxième tour.

En attendant, François Fillon, Alain Juppé et Jean-François Copé se retrouveront ensemble jeudi soir à Bordeaux pour un meeting de soutien à Nicolas Sarkozy pendant que le président candidat tiendra sa dernière grande réunion de campagne à Toulon.

Yann Le Guernigou, avec Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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  • LeRaleur le mercredi 2 mai 2012 à 16:31

    Le bateau coule, Copé va écoper, mais pas assez vite.

  • M6437502 le mercredi 2 mai 2012 à 16:15

    Copé a les dents qui raclent le parquet,l'UMP va écoper.

  • BBLQM16 le mercredi 2 mai 2012 à 16:02

    apres la vague , apres le mouvement voila le courant ....