L'UMP exige une résolution de l'ONU pour agir en Syrie

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L'UMP CONDITIONNE UNE INTERVENTION EN SYRIE À UNE RÉSOLUTION DE L'ONU
L'UMP CONDITIONNE UNE INTERVENTION EN SYRIE À UNE RÉSOLUTION DE L'ONU

PARIS (Reuters) - L'UMP a exigé mardi la publication du rapport des experts de l'Onu sur l'utilisation de gaz de combat par le régime syrien et une résolution du Conseil de sécurité, en préalable à toute intervention militaire de la France en Syrie.

Le principal parti de l'opposition française, divisé sur l'opportunité d'une telle action punitive, a ainsi fait machine arrière par rapport à des déclarations beaucoup plus allantes de son président, Jean-François Copé.

La question a été l'objet d'un comité politique restreint le matin, puis d'une réunion d'une soixantaine de députés de l'UMP dans l'après-midi, à la veille d'un débat sur les derniers développements de la crise syrienne à l'Assemblée nationale.

"Le groupe UMP a adopté une position unanime", a assuré son président, Christian Jacob, lors d'une conférence de presse. "Une intervention ne peut se faire qu'après deux préalables."

Le premier est la publication du rapport des experts de l'Onu pour "savoir comment les armes chimiques ont été utilisées, par qui et dans quelles conditions", a-t-il dit, alors que le régime de Bachar al Assad est déjà clairement montré du doigt par des services de renseignements occidentaux.

Le deuxième préalable est qu'une telle intervention ait une base juridique "solide", c'est-à-dire une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu - laquelle a en réalité peu de chances de voir le jour en raison du veto de la Russie.

"Si ces deux conditions ne sont pas réunies, on exigera un vote de la représentation nationale", a ajouté Christian Jacob, selon qui les parlementaires UMP voteraient alors contre une telle action militaire.

"POSITION INCOMPRISE"

Le dirigeant de l'UMP a fait valoir que si le président François Hollande s'affranchissait du cadre de l'Onu, ce serait une première sous la Ve République.

"Cette position serait incomprise et exigerait effectivement un vote", a-t-il répété, en laissant entendre que le vote de l'UMP serait alors négatif.

François Hollande a déclaré mardi que la question d'un vote éventuel du parlement ne se posait pas pour le moment, sans l'exclure, mais n'a pas caché son pessimisme sur la possibilité d'obtenir une résolution du conseil de sécurité de l'Onu.

Christian Jacob a invité le président à multiplier les contacts avec le président russe, Vladimir Poutine, avec les dirigeants arabes et avec ses partenaires européens pour tenter de dégager les conditions d'un accord.

Il a en revanche estimé qu'un vote n'était pas nécessaire à l'issue du débat de mercredi, en l'état actuel des choses.

Jean-François Copé avait approuvé mercredi dernier la posture adoptée par François Hollande, qui avait déclaré la veille que la France était prête à punir "ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents".

Il avait néanmoins invité le chef de l'Etat à la prudence.

"S'il s'agit d'une frappe punitive et ponctuelle face à l'utilisation d'armes chimiques par (le régime du président Bachar al-Assad), cela peut avoir du sens. Mais (...) attention à ne pas aller au-delà d'un certain seuil", avait-il ajouté.

Christian Jacob a minimisé le recul apparent de l'UMP par rapport à ces déclarations.

"On est sur des positions qui se construisent", a dit le chef de file des députés UMP, qui a accusé François Hollande d'avoir péché par précipitation et isolé la France.

Seuls les Etats-Unis se sont prononcés pour le moment pour une action punitive, que le président Barack Obama a néanmoins subordonnée à un vote du Congrès.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • dupon666 le mardi 3 sept 2013 à 19:38

    c'est un minimum avec le petit gros