L'UMP devrait organiser un congrès extraordinaire à l'automne

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VERS UN CONGRÈS EXTRAORDINAIRE À L'UMP
VERS UN CONGRÈS EXTRAORDINAIRE À L'UMP

PARIS (Reuters) - L'UMP, dans la tourmente de l'affaire du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, devrait organiser un congrès extraordinaire à l'automne pour renouveler sa direction et redéfinir sa ligne politique, a-t-on appris auprès de participants au bureau politique de mardi.

Les dirigeants de l'UMP examinaient les suites à donner à l'affaire de malversations présumées avec à la clé l'avenir de Jean-François Copé à la tête de la formation.

Le bureau politique statutaire, qui compte une cinquantaine de membres, dont les anciens Premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon, s'est réuni à huis clos à l'Assemblée nationale.

Au lendemain des révélations de l'avocat de Bygmalion, société de communication mise en cause dans l'affaire, et du bras droit de Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, sur un système de fausses factures à l'UMP, les ténors du parti réclament la mise à l'écart du député-maire de Meaux au nom de la survie du mouvement.

L'hypothèse d'un congrès extraordinaire à l'automne, pour remettre le parti sur les rails, a été retenue et acceptée par Jean-François Copé, selon des participants.

La question de l'organisation de la transition, d'ici octobre, se poserait.

Jean-François Copé, qui proteste de son innocence et s'estime toujours légitime à la tête du parti, a ouvert les discussions, qui sonnent comme un procès, en présentant un rapport financier et aurait affirmé, selon des participants, avoir été "abusé". Il aurait proposé un audit.

Son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux, qui fut le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, a assuré lundi sur BFM TV que le député-maire de Meaux, alors secrétaire général de l'UMP, n'était "en rien mêlé à tout ça".

UN CONGRÈS EXTRAORDINAIRE

Selon le texte de son intervention, François Fillon, qui affronta Jean-François Copé lors de l'élection à la présidence du parti en novembre 2012, lui a demandé de se mettre en réserve le temps de l'enquête et de "laisser une véritable direction collégiale conduire l'UMP jusqu'à un congrès extraordinaire refondateur qui permettra aux militants de choisir une nouvelle direction et de débattre sereinement de notre ligne politique".

"Nous t'avons écouté avec attention Jean-François, mais comment avoir confiance?", aurait dit François Fillon. "Qui est responsable de cet incroyable gâchis, où est la vérité?"

"Nous n'avons que quelques semaines pour sauver l'UMP du désastre", a-t-il poursuivi, menaçant de quitter les instances dirigeantes du parti si sa requête n'est pas acceptée.

"On ne peut pas rester en l'état, il n'est pas possible que Jean-François Copé reste président de l'UMP avec les mains totalement libres", a commenté Benoist Apparu, proche d'Alain Juppé, en marge du bureau politique.

"Soit il décide de lui-même de s'en aller, soit le bureau politique l'encadre de façon très très lourde et il faudra que dans les six mois qui viennent on revienne devant un congrès pour désigner l'équipe dirigeante de l'UMP", a-t-il ajouté.

Les statuts de l'UMP ne prévoient pas de procédure de révocation s'agissant du président de l'Union. Il est indiqué à l'article 24 "qu'en cas d'empêchement, le président de l'Union est remplacé par le vice-président délégué". Le bureau politique délibère à la majorité des suffrages qualifiés.

SARKOZY "TRÈS MÉCONTENT

"Il n'est pas question que demain matin on se réveille avec un triumvirat ou un petit groupe de gens qui ont décidé de gouverner le parti à la place de tout le monde, il faut que tout ça se passe dans la transparence, avec les élus, avec les militants", a déclaré sur France Inter Henri Guaino, qui n'est pas membre du bureau politique.

"On peut imaginer Jean-François se mettre un peu en retrait avec une direction collégiale à la hauteur du problème", a suggéré l'ancien ministre Eric Woerth sur Europe 1.

Pour le député Jérôme Chartier, proche de François Fillon, "les jours de Copé sont comptés".

"Mêmes ses plus proches conviennent qu'il ne peut plus rester à la présidence de l'UMP parce que depuis 24 heures, on va de révélation en révélation", a-t-il dit sur i>Télé.

Jérôme Lavrilleux a reconnu lundi un système de fausses facturations à l'UMP pour masquer une "dérive" des dépenses de la campagne présidentielle.

Les dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy ayant "explosé" dans une proportion "beaucoup plus importante que le volume autorisé", il a été procédé à "une ventilation des dépenses liées à la campagne sur d'autres opérations" pour un montant de l'ordre de 10 à 11 millions d'euros, a-t-il expliqué.

Il assure que ni Nicolas Sarkozy ni Jean-François Copé n'étaient informés de ces montages.

Brice Hortefeux, lieutenant de l'ancien président, a déclaré mardi sur RTL qu'il était "très mécontent de voir son nom associé à cette curieuse actualité".

(Sophie Louet avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mardi 27 mai 2014 à 10:05

    RE/...UMP/PS/Sénat (trop) payés, ne travaillent que pour eux, à leur carrière. Ceux qui cherchent à se bâtir des rentes ont pris le contrôle de l’Etat, depuis 1974, et n’a cessé de se renforcer. Pour la PREMIÈRE FOIS dans l’Histoire de France, pas un membre du gouvernement actuel n’a exercé la moindre activité dans le privé et n’a JAMAIS pris le moindre risque. Les Rentiers UM/PS, TRAITRES à la Nation sont au pouvoir. TOUT pour eux et crèvent les autres !!!...