L'UMP, dans l'embarras, penche vers le "ni-ni" dans le Doubs

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* Le candidat UMP éliminé au premier tour dans le Doubs * Le refus du "front républicain" semble majoritaire à l'UMP (Actualisé avec commentaires, détails) PARIS, 2 février (Reuters) - Embarrassée par l'élimination de son candidat au premier tour de l'élection législative partielle du Doubs, l'UMP penche vers une stratégie "ni front républicain, ni front national" qui ne fait cependant pas l'unanimité à droite. La candidate du FN, Sophie Montel, est arrivé en tête dimanche avec 32,6% des suffrages, devant son adversaire socialiste, Frédéric Barbier (28,85%). L'UMP croyait aux chances de son poulain, Charles Demouge, dans cette 4e circonscription du Doubs marquée par la crise, où il s'agit de donner un successeur à l'ex-ministre socialiste de l'Economie, Pierre Moscovici, parti à la Commission européenne. Les électeurs, la gestion des attentats djihadistes de début janvier, qui a redoré le blason du Parti socialiste, et l'abstention (plus de 60%) en ont décidé autrement, même si le scrutin a aussi été marqué par une chute du PS : Charles Demouge n'a obtenu que 26,54% des suffrages. Comme à chaque fois dans ce type de circonstances, la gauche, PS en tête, appelle tous les électeurs "républicains" à faire barrage au parti d'extrême droite. Les centristes de l'UDI en ont fait autant par la voix de leur président, Jean-Christophe Lagarde. A quelques individualités près, l'UMP s'en remet à la décision, mardi, de son bureau politique et de son président, Nicolas Sarkozy. Sans attendre cette réunion, plusieurs personnalités de premier plan du principal parti d'opposition de droite ont cependant rejeté l'idée d'appeler à voter pour le candidat PS. L'ancien ministre Luc Chatel, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a ainsi déclaré sur iTELE que le "front républicain" n'était pas pour lui une option. "Les électeurs vont avoir le choix entre le Front national et le parti qui fait monter le Front national. C'est un peu compliqué", a-t-il déclaré. "Le Front national n'est pas une voie mais le Front républicain n'en est pas une autre." NKM POUR LE FRONT RÉPUBLICAIN Bruno Le Maire, ex-rival de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP, a également dit "non", sur France Info, au front républicain, qui constitue, selon lui, une "solution de facilité" et "une manière de se défausser". "Je ne choisis pas entre le FN et le PS", a renchéri le secrétaire général de l'UMP Gérald Darmanin, sur Europe 1. Quelques voix se sont bien élevées à l'UMP pour estimer que la priorité était d'empêcher le FN d'avoir un troisième député à l'Assemblée nationale. "Je vote PS pour battre le FN", a ainsi lancé dès dimanche sur twitter l'ancien ministre Dominique Bussereau. La vice-présidente de l'UMP, Nathalie Kosciusco-Morizet, a pour sa part déclaré sur BFM TV qu'elle défendrait mardi, au bureau politique, même si ce n'était pas "de gaîté de coeur", sa préférence pour un vote en faveur du candidat opposé au FN. Elle a admis que c'était une position "plutôt minoritaire" dans sa famille politique mais insisté sur le fait qu'elle n'entendait pas renvoyer dos-à-dos FN et PS. "Le PS désespère la France (...) mais le FN défigurerait la France", a-t-elle expliqué. "Le PS, ce sont des adversaires avec lesquels on débat. Le FN, ils veulent notre mort, rien d'autre. Faire comme si on ne l'avait pas vu (...) je ne le sens pas." La stratégie du "ni ni" avait été arrêtée par Nicolas Sarkozy lors des élections cantonales de 2011, lorsque le FN s'était maintenu dans près de 400 cantons. Pour la première fois depuis 2012, l'UMP est éliminée dès le premier tour d'une élection. Il s'agit de la première défaite électorale du parti d'opposition depuis que Nicolas Sarkozy en a pris la présidence, le 29 novembre dernier. "C'est un coup dur pour Sarkozy, il a complètement raté son retour. Les gens n'en veulent plus. Au groupe (UMP de l'Assemblée-NDLR), 90% des députés en ont assez", a dit à Reuters un député UMP sous le sceau de l'anonymat. (Emmanuel Jarry avec Emile Picy et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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