L'UMP confiante sur ses fonds, divisée sur le retour de Sarkozy

le
3
LE RETOUR DE NICOLAS SARKOZY DIVISE LA DROITE
LE RETOUR DE NICOLAS SARKOZY DIVISE LA DROITE

PARIS (Reuters) - L'UMP affirme avoir déjà récolté quelque trois millions d'euros pour compenser le manque à gagner provoqué par le rejet des comptes de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, dont le retour sur la scène politique provoque des remous à droite.

Le président de la principale formation d'opposition, Jean-François Copé, s'est déclaré mardi confiant de pouvoir récolter les 11 millions d'euros que l'UMP devra réunir après la décision prise jeudi dernier par le Conseil constitutionnel.

"Nous avons atteint ce matin 2,7 millions d'euros de paiements en ligne, sans compter les chèques qui sont envoyés au siège de l'UMP", a-t-il dit sur Europe 1 en estimant que le cap des trois millions d'euros devrait être franchi dans la journée.

L'ancien président de la République a lui-même payé son écot pour réunir les 11 millions d'euros avant la date du 31 juillet.

"Il a fait un don du maximum autorisé, 7.500 euros, il n'est pas le seul, je l'ai fait également, j'appelle les élus à le faire", a ajouté Jean-François Copé.

Mais l'aspect financier est pratiquement éclipsé par les arrière-pensées politiques au lendemain de la prestation de Nicolas Sarkozy devant le bureau politique de l'UMP à Paris.

Même si l'ancien président a pris soin de souligner que son intervention ne marquait pas son retour politique en vue de l'élection présidentielle de 2017, il a distillé des déclarations ambiguës qui ont laissé peu de doutes aux militants et à ses amis politiques enthousiastes.

Jean-François Copé, qui a toujours dit qu'il s'effacerait devant Nicolas Sarkozy au cas où ce dernier serait candidat en 2017, s'est efforcé mardi de botter en touche.

"Aujourd'hui, personne n'imagine qu'on est en 2017, ce serait d'ailleurs indécent quand on voit la situation dramatique que vivent des milliers de Français", a-t-il dit.

Pour lui, la seule priorité de l'UMP doit être la mobilisation en vue des élections municipales de 2014.

"RIEN N'ARRÊTERA" FILLON

Mais le député Eric Ciotti, soutien de l'ancien Premier ministre François Fillon, a averti les amis de Nicolas Sarkozy que son champion, candidat à la primaire d'investiture UMP pour la présidentielle de 2017, ne s'effacerait pas.

"Je le dis très clairement : rien n'entravera la détermination de François Fillon", a-t-il déclaré sur LCI.

"Il a ouvert un chemin avec les Français pour proposer des réformes très profondes, il a très clairement fixé le cap, ce cap c'est 2017 et je pense qu'il est très important que d'ores et déjà on regarde vers cet objectif parce que c'est là que tout se jouera", a-t-il ajouté. "Il (François Fillon) avance et rien ne l'arrêtera sur ce chemin."

Eric Ciotti a ajouté, dans une critique voilée à l'encontre de Nicolas Sarkozy, qu'il faudrait pendant la primaire "parler de ce qui a échoué dans le passé" et "rompre aussi avec certaines habitudes".

La majorité socialiste, elle, tire à boulets rouges sur l'ancien président, qui a claqué la porte du Conseil constitutionnel, où il siégeait de droit, en critiquant vertement ce qu'il considère comme une décision grave.

"Je n'oublie pas la raison d'être du retour de Nicolas Sarkozy", a déclaré sur i>Télé Ségolène Royal, qui l'a affronté en 2007. "Est-ce que c'est une bonne image de la politique de voir un ancien chef de l'Etat condamné pour avoir commis trois infractions ?".

"Si les Français gardent les pieds sur terre et s'ils gardent la mémoire des choses, le fait même d'avoir un vrai-faux candidat qui a utilisé les fonds de l'Elysée pour sa campagne, ça devrait être éliminatoire si la morale en politique a encore un sens", a-t-elle ajouté.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a abondé dans le même sens, sur France Inter.

"Comment voulez-vous faire appliquer la loi (...) quand les anciennes autorités de ce pays mettent en cause le Conseil constitutionnel ?", a-t-il demandé en dénonçant une "opération de victimisation Nicolas Sarkozy et son parti".

Yann Le Guernigou et Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3493130 le mardi 9 juil 2013 à 13:23

    Ce qui compte ce sont les idées. La finance du parti donc les revenus des membres dirigeants ne devrait pas être notre soucis. Qu'ils aillent à pole emploi et ils connaîtront la réalité. Les dons sont déductibles à 60% c'est donc les contribuables qui paient encore une fois les dépenses somptuaires des partis. Ras le bol.

  • dratiser le mardi 9 juil 2013 à 12:43

    si NS revient , FH a gagné un deuxieme mandat à coup sûr le bilan de NS , donné le pouvoir à FH , divisé l'UMP , ruiné l'UMP empeche (et on comprend pourquoi ) l'emergence d'un leader à l'UMP FILLON LEMAIRE NKM JUPPE il y a bien mieux que NS pour l'UMP

  • M835627 le mardi 9 juil 2013 à 12:40

    Navrant de constater une nouvelle fois que les dirigeants de l'UMP(mais pas seulement) s'exonèrent des lois de la République et poussent des cris d'orfraie chaque fois qu'une instance judiciaire les met en cause. A croire que le Justice n'est faite que pour les humbles mais surtout pas pour eux. Responsables mais pas coupables....la sempiternelle rengaine de nos politicards de tous bords!