L'UMP à l'épreuve de la cohabitation

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L'UMP À L'ÉPREUVE DE LA COHABITATION
L'UMP À L'ÉPREUVE DE LA COHABITATION

PARIS (Reuters) - La fragile trêve instaurée le 17 décembre à l'UMP sera à l'épreuve dès cette semaine avec une rencontre entre Jean-François Copé et François Fillon pour décider de l'application de l'accord qui a mis fin à un mois de guerre entre les deux hommes.

Le président de l'UMP et le député de Paris devraient se voir mardi ou mercredi.

L'accord qu'ils ont signé en décembre prévoit notamment une nouvelle élection interne à la présidence du parti, probablement le 15 septembre, et dans l'intervalle, l'installation d'une direction collégiale intégrant "copéistes" et "fillonistes".

Ce dernier point, qui conditionne d'ici au 15 janvier la dissolution du "Rassemblement-UMP", le groupe dissident créé par François Fillon à l'Assemblée nationale, et donne lieu à des interprétations divergentes dans les deux camps, devrait dominer les discussions.

"L'unité passe avant toute chose par l'installation d'une direction partagée dans l'attente d'un nouveau vote", prévient Valérie Pécresse, soutien de François Fillon, dans une interview au Journal du Dimanche.

La députée des Yvelines sera nommée secrétaire générale déléguée aux côtés de la secrétaire générale "copéiste" Michèle Tabarot, tandis que Laurent Wauquiez, autre membre du "ticket" Fillon, prendra les fonctions de vice-président délégué aux côtés du vice-président "copéiste" Luc Chatel.

Les partisans de François Fillon, qui n'a demandé aucune fonction particulière, souhaite que tous les échelons de l'organigramme soient ainsi dédoublés pour éviter que l'équipe de Jean-François Copé, président jusqu'au prochain scrutin, ne s'arroge le contrôle de l'appareil et ne relègue ses ex-adversaires à des rôles de figuration.

"Je rappelle le sens de l'accord, souligne Valérie Pécresse : la fusion des équipes dirigeantes permettra aux dizaines de milliers de militants qui ont voté pour François Fillon de savoir qu'ils sont représentés".

"IL Y A DES TAS DE GENS TRÈS BIEN CHEZ FILLON"

L'accord stipule que la future direction "comportera notamment, en plus du vice-président délégué et de la secrétaire générale, un vice-président et une secrétaire générale déléguée".

"Le reste de l'équipe dirigeante devra tenir compte de toutes les sensibilités et motions", est-il précisé, ce qui peut donner lieu à diverses interprétations.

Le nouvel organigramme devra être bouclé d'ici au 15 janvier, date de la reprise des travaux parlementaires à l'occasion de laquelle devra être entérinée la réunification des groupes UMP et R-UMP.

Jean-François Copé, qui a limité ses interventions dans les médias durant les fêtes, a marqué sa volonté de "très vite tourner la plage des divisions et des amertumes". François Fillon s'est plié pour sa part à une stricte diète médiatique.

"Il y a des tas de gens très bien chez Fillon, il faut qu'on fasse avec tout le monde", soulignait-on en décembre dans l'entourage du député-maire de Meaux.

"Il faut reconstruire. C'est pareil que Chirac-Balladur, mais ça avait duré deux ans. La grande erreur, à l'époque, a été de ne pas avoir fait la grande réconciliation", ajoutait-on.

L'affrontement entre Edouard Balladur et Jacques Chirac pour l'élection présidentielle de 1995, remportée par le second contre toute attente, avait été suivi d'une violente offensive contre les "balladuriens".

François Fillon et Jean-François Copé, dont l'image a été considérablement entamée dans l'opinion, ont intérêt à favoriser l'armistice pour restaurer leur crédit en vue des futures échéances électorales.

Le président de l'UMP devrait selon toute vraisemblance remettre en jeu son mandat afin de préparer, en chef de l'opposition, "la reconquête des territoires" aux élections municipales de 2014.

François Fillon, qui se prononcera en juin sur une éventuelle nouvelle candidature, pourrait choisir d'attendre la primaire présidentielle ouverte de 2016 à droite pour revenir dans le jeu. Une candidature à l'élection municipale à Paris en 2014, un tremplin pour la présidentielle de 2017, reste aussi au nombre des hypothèses.

"Je voudrais pouvoir me consacrer à un dialogue plus direct avec les Français qu'à travers une formation politique", a déclaré l'ancien Premier ministre le 18 décembre sur France 2.

Sophie Louet

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