L'Ukraine et l'UE ont signé un accord d'association

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L'UKRAINE A SIGNÉ UN ACCORD D?ASSOCIATION AVEC L'UE
L'UKRAINE A SIGNÉ UN ACCORD D?ASSOCIATION AVEC L'UE

par Gregory Blachier

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne et l'Ukraine ont finalisé vendredi leur rapprochement par la signature d'un accord d'association et de libre-échange qui irrite Moscou après avoir indirectement entraîné la chute de Viktor Ianoukovitch, l'hiver dernier.

Présent à Bruxelles, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko, élu le 25 mai, a salué un "jour historique" pour l'Ukraine et a souhaité qu'il marque une première étape vers une adhésion pleine et entière de son pays à l'UE.

Il a proposé de prolonger de 72 heures le cessez-le-feu entre séparatistes et forces gouvernementales, qui arrive à expiration dans la soirée, afin d'offrir un nouveau délai à la Russie pour donner des garanties sur la fin des hostilités dans l'est de l'Ukraine. Il prendra une décision à ce sujet à son retour à Kiev, prévu dans la soirée.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a eu beau dire que les accords avec l'Ukraine, mais aussi avec la Moldavie et la Géorgie, n'incluaient "rien qui puisse nuire à la Russie", Moscou a réagi très vite.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a prévenu qu'il y aurait "des conséquences graves", au moment même où le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel s'entretenaient à Bruxelles avec Petro Porochenko.

DISCUSSIONS À DONETSK

La Russie prendra des mesures pour protéger son économie, a souligné pour sa part le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Malgré la trêve dans le sud-est de l'Ukraine, des affrontements se sont produits cette semaine mais les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de trouver une issue négociée à la crise.

Une nouvelle rencontre entre représentants du mouvement pro-russe de l'est de l'Ukraine et médiateurs du "groupe de contact" s'est ouverte à Donetsk, l'un des bastions des séparatistes.

Parmi les membres de ce groupe de contact figurent l'ancien président ukrainien Léonid Koutchma, l'ambassadeur russe à Kiev et des membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Faute de progrès sur un règlement pacifique de la crise, l'UE pourrait étendre ses sanctions à l'encontre de la Russie dès la semaine prochaine, a-t-on appris de sources diplomatiques en marge du sommet de Bruxelles.

MENACE DE NOUVELLES SANCTIONS

Tout en brandissant la menace de nouvelles sanctions, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont fixé à lundi la date-butoir pour la remise en liberté des prisonniers dans l'est de l'Ukraine et la conclusion d'un cessez-le-feu durable.

Dans un communiqué commun, ils demandent en outre que les trois principaux postes-frontières de la région soient remis aux autorités centrales ukrainiennes.

Vladimir Poutine a également appelé à un cessez-le-feu de longue durée et à des négociations directes entre les représentants de Kiev et les séparatistes.

"Le plus important, c'est de parvenir à un cessez-le-feu de longue durée qui est une condition nécessaire à la tenue de discussions de fond entre les autorités de Kiev et les représentants des régions du Sud-Est", a-t-il dit. "Nous faisons sincèrement tout notre possible pour aider le processus de paix", a assuré le président russe.

Selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de personnes déplacées par les combats au cours de la semaine écoulée a fortement augmenté.

Quelque 16.400 personnes ont fui l'Est ukrainien durant cette période et le pays compte désormais 54.400 déplacés, a précisé Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

(Avec Robin Emmott et Justina Pawlak, Guy Kerivel pour le service français)

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