L'Ukraine doit choisir un camp, selon l'expert Philippe Migault

le
1
L'Ukraine doit choisir un camp, selon l'expert Philippe Migault
L'Ukraine doit choisir un camp, selon l'expert Philippe Migault

Depuis quatre semaines, la rue s'embrase à Kiev sous un froid glacial (moins 10°). Les berkout, policiers anti-émeutes et manifestants pro-européens s'affrontent à Maïdan, la place de l'Indépendance située au centre de la capitale ukrainienne. Ce mouvement qualifié de pro-européen conteste le Président en place, Victor Ianoukovitch du parti des Régions (centre-droit). Les protestataires lui reprochent d'avoir suspendu un accord d'association et de libre échange avec l'Union Européenne et de «vendre» le pays à la Russie. Philippe Migault, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) revient sur la situation.

Comment un tel mouvement de contestation, qui a réuni jusqu'à 400 000 personnes à Kiev, a pu émerger en Ukraine ?

C'est un mouvement qui bouillonne depuis plusieurs années, car il y a en Ukraine un sentiment de ras-le-bol qui persiste. La contestation mêle plusieurs exaspérations. D'abord, le pays, en récession souffre beaucoup économiquement. En 2009, elle a eu une période très dure avec une récession de 15%, après une petite remontée en 2010, la courbe de croissance sera à nouveau en récession cette année. Ensuite, la révolution Orange (en 2004) avait suscité de nombreux espoirs, aujourd'hui déçus. Enfin, il y a une saturation du pouvoir en place et un refus de la présence Russe.

Le pays a-t-il l'obligation de choisir «un camp» entre la Russie ou l'UE ?

En tant que pays à la lisière de deux blocs, l'Ukraine pourrait en théorie tirer profit des deux parties. Mais les deux blocs politiques lui demandent de choisir : soit l'un, soit l'autre. Et tous deux exercent des pressions sur Kiev. Lorsque Bruxelles demande de suspendre la peine de prison, confirmée en appel, de Ioulia Timochenko, en échange de la signature d'un accord d'association, c'est une pression. A l'inverse, côté russe, la pression est simple : en cas d'accord d'association avec l'UE, les ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4888303 le jeudi 12 déc 2013 à 10:35

    N'oublions pas que les manifestations du peuple Ukrainien sont un appel au secours pour rejoindre le camp de la liberté !