L'UKIP tente de décrocher un second siège au Parlement

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par Andrew Osborn LONDRES, 20 novembre (Reuters) - Le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui prône une sortie de l'Union européenne et un durcissement de la politique d'immigration, semble en mesure de remporter jeudi un deuxième siège au Parlement à la faveur de l'élection partielle dans la circonscription de Rochester & Strood, dans le sud-est de l'Angleterre. Comme le mois dernier à Clacton-on-Sea, une station balnéaire rattrapée par la crise où le parti de Nigel Farage a remporté son première siège à la Chambre des communes, le candidat de l'UKIP est un transfuge du Parti conservateur, Mark Reckless. Le député sortant de cette circonscription du Kent a provoqué l'élection partielle de jeudi en quittant fin septembre le parti du Premier ministre David Cameron, l'accusant d'ignorer le peuple et de le tromper. Les sondages le donnent vainqueur avec jusqu'à 13 points d'avance. Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 07h00 GMT, fermeront à 22h00 GMT. Les résultats du scrutin sont attendus pour vendredi dans la nuit. Si sa victoire se confirme dans les urnes, il deviendra le deuxième député UKIP à Westminster après Douglas Carswell, élu le 9 octobre à Clacton. Et d'autres défections pourraient suivre alors que les prochaines élections législatives générales sont programmées pour le mois de mai prochain, menaçant les chances de David Cameron de décrocher un second mandat. "Si je gagne, cette victoire sera significative. Les gens s'apercevront que nous sommes crédibles et que nous formons un parti qui remportera probablement un grand nombre de sièges à Westminster lors des élections de l'année prochain", a déclaré Mark Reckless, qui a conquis cette circonscription traditionnellement travailliste en 2010. LE BIPARTISME EN QUESTION L'émergence de l'UKIP, arrivé en tête des élections européennes au printemps dernier, est en train de troubler profondément le jeu politique en Grande-Bretagne. Dans les intentions de vote pour les prochaines élections législatives, la formation de Nigel Farage devance d'une courte tête le Parti travailliste (opposition) et le Parti conservateur. L'UKIP, qui profite de la méfiance croissante des électeurs à l'égard des deux grands partis traditionnels, progresse tant dans l'électorat classique du Parti tory que dans celui du Labour. En y ajoutant la solide performance attendue des indépendantistes du Parti national écossais (SNP), les élections du printemps prochain pourraient faire sauter le bipartisme qui caractérise la Grande-Bretagne (depuis les années 1920, le poste de Premier ministre est revenu alternativement aux Tories et aux travaillistes). "Si l'UKIP l'emporte aujourd'hui, les paris seront ouverts sur ce qui pourrait se produire en mai prochain et cela fera bouger la politique britannique de façon remarquable", a commenté Nigel Farage. Une victoire de l'UKIP serait également de nature à accentuer les inquiétudes des partenaires européens de la Grande-Bretagne, déjà soucieux de la volonté affichée par Cameron d'organiser, s'il est réélu dans six mois, un référendum en 2017 sur le maintien du pays dans l'Union européenne. (avec Will Russell à Rochester; Henri-Pierre André pour le service français)

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