L'UKIP secoué par une crise interne

le , mis à jour à 05:57
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par Andrew Osborn LONDRES, 15 mai (Reuters) - L'UKIP (Parti de l'indépendance du Royaume-Uni) est secoué par une crise interne une semaine après les élections législatives en Grande-Bretagne. Le parti europhobe de Nigel Farage a recueilli 12,6% des suffrages et décroché la deuxième place du scrutin dans plus de 100 circonscriptions mais obtenu un seul siège de député sur les 650 en jeu, pâtissant du système majoritaire à un tour. Battu dans la circonscription du Kent où il se présentait, le chef de file de l'UKIP, Nigel Farage, a démissionné comme il l'avait promis de ses fonctions de dirigeant avant de se raviser trois jours plus tard, assurant avoir été convaincu par son entourage de revenir sur sa décision, ce qui provoqué un certain étonnement chez ses partisans. Le directeur de campagne de l'UKIP, Patrick O'Flynn, s'en est pris sur Sky News aux conseillers de Nigel Farage, les accusant de bâtir un "culte de la personnalité" autour de l'ancien trader. Dans les colonnes du Times, l'eurodéputé estime que Farage, homme politique "gai, exubérant et effronté", s'est transformé en un personnage "bougon, susceptible et agressif". Il ajoute que ses conseillers ont transformé la formation en "un mouvement de droite dure ultra-agressif sur le type du Tea Party américain" au lien de l'ancrer dans "le sens commun, pilier de la politique britannique". Les conseillers incriminés ont présenté leur démission et Nigel Farage s'est dit déçu par les propos de Patrick O'Flynn, qui s'est défendu de vouloir mener un pustch. "Quelles que soient mes fautes, et peut-être qu'il y en a beaucoup, je fais de la politique parce que je crois en ce que je dis", a déclaré Nigel Farage à la BBC. "Le niveau de soutien à mon égard dans le parti est phénoménal et, franchement, se lancer dans une crise de leadership au moment où (le Premier ministre David) Cameron renégocie notre relation avec l'Union européenne serait une erreur massive", a-t-il ajouté. Le comportement de Nigel Farage fait toutefois grincer les dents de certains donateurs du parti, comme l'homme d'affaires Stuart Wheeler, qui a estimé que le chef de file de l'UKIP devait songer à démissionner pour laisser la place à quelqu'un de "plus calme". Un contentieux oppose en outre Nigel Farage à Douglas Carswell, seul candidat élu de l'UKIP, sur la question des subventions publiques à l'UKIP en raison de son score électoral. Douglas Carswell a estimé qu'en tant que seul élu, il n'avait pas besoin des millions de livres auxquels le parti a droit et que ce serait une erreur de prendre ces subventions. (Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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