L'UFIP redoute un nouveau choc pétrolier à l'horizon 2020

le
0
    MARSEILLE, 21 septembre (Reuters) - Le président de l'UFIP, 
Francis Duseux, a estimé mercredi que la baisse des 
investissements pétroliers pourrait provoquer un nouveau choc 
pétrolier à l'horizon 2020 en raison d'une offre insuffisante 
face à une demande en hausse. 
    "En 2020, il est probable qu'on se retrouve avec un gros 
déficit de pétrole brut au plan mondial par rapport à une 
demande qui continue d'augmenter", a dit à la presse le 
dirigeant de l'Union française des industries pétrolières. 
    "La baisse des investissements aura forcément des 
conséquences d'ici quatre ou cinq ans. Il y a des tas de projets 
non financés qui ne verront pas le jour. On va à nouveau vers un 
choc pétrolier", a-t-il ajouté. 
    Francis Duseux a évoqué une diminution potentielle de 20 
millions de barils/jour en 2025. "La baisse de 30% en moyenne 
des investissements en exploration et production devrait 
provoquer un rebondissement important des prix à moyen terme. On 
risque de voir assez rapidement les prix se tendre", a-t-il dit. 
    La demande a augmenté de 1,4% en 2016, à 96,1 millions de 
barils par jour, et l'UFIP prévoit une augmentation au-delà de 
100 millions de barils. 
    Les investissements mondiaux dans l'énergie ont globalement 
baissé de 8%, à 1.800 milliards de dollars en 2015, selon un 
rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). 
    "Les principales compagnies pétrolières ont réduit leurs 
investissements de 19% en 2015 puis de 21% cette année dans 
l'amont, représentant un montant de 60 milliards de dollars", 
estime l'AIE, qui coordonne les politiques énergétiques des 
grandes puissances économiques. 
    La situation d'offre excédentaire a fait chuter les cours du 
baril depuis deux ans, revenus de 115 dollars en juin 2014 à 27 
dollars en janvier dernier avant une remontée autour de 50 
dollars au printemps. Depuis, ils oscillent entre 40 et 50 
dollars le baril. 
    Malgré l'effondrement des cours du pétrole et la diminution 
des investissements qui s'en est suivie, la production mondiale 
de brut continue d'augmenter, même si c'est à un rythme bien 
plus modéré qu'en 2015.  
    Les pays producteurs hors Opep devant supporter des coûts 
d'exploitation élevés ont particulièrement souffert du plongeon 
du prix de l'or noir. 
    "Les pays producteurs souffrent car ils ont besoin d'un prix 
du baril plus élevé pour boucler leurs budgets. Le Vénézuela et 
l'Algérie sont déstabilisés", souligne Francis Duseux. 
    Le président de l'UFIP regrette que la thématique de 
l'énergie, hors nucléaire, soit absente, toutes tendances 
confondues, de la campagne pour l'élection présidentielle de 
2017 en France. "Le débat n'existe quasiment pas", a-t-il 
conclu. 
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant