L'Ufap dénonce la gestion des bracelets électroniques

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L'UFAP DÉNONCE LA GESTION DES BRACELETS ÉLECTRONIQUES
L'UFAP DÉNONCE LA GESTION DES BRACELETS ÉLECTRONIQUES

STRASBOURG (Reuters) - L'Ufap, principal syndicat du personnel pénitentiaire français, dénonce le manque de moyens affectés à la gestion du bracelet électronique, alternative à l'incarcération que le gouvernement veut développer pour les auteurs d'infractions pénales.

Le syndicat a publié jeudi une lettre rédigée par sa secrétaire au centre pénitentiaire de Metz, une surveillante affectée au service de gestion des alarmes des personnes placées sous surveillance électronique dans la région Grand-Est (Alsace, Lorraine et Franche-Comté).

Trois agents y travaillent 24 heure sur 24, soit deux en journée et un seul la nuit, pour surveiller la situation de quelque 830 porteurs d'un bracelet électronique.

"Les tâches quotidiennes à effectuer par ces fonctionnaires sont trop importantes en volume pour être traitées correctement. Ils ne peuvent plus porter le poids écrasant de ce qu'ils ont à faire durant leurs vacations", affirme Stéphanie Marsaudon.

Les bracelets électroniques génèrent entre 4.000 et 4.500 alarmes quotidiennes, "soit plus de deux par minute", en plus de toutes les tâches administratives assurées par les surveillants.

Chacune doit faire l'objet d'un traitement, d'une simple mention pour la perte momentanée du signal, à un compte rendu d'incident s'agissant d'un justiciable qui n'a pas respecté les règles imposées.

"Nos collègues sont en grande souffrance physique et psychologique. Ils ne peuvent plus faire face à des responsabilités devenues écrasantes", dit-elle dans sa lettre.

"Le problème est national", a-t-elle précisé à Reuters.

Elle évoque une situation qui "va devenir explosive avec la montée en puissance des placements", en hausse de 28,2% en un an, selon elle, pour atteindre 9.627 au 1er juillet 2012.

La montée en puissance de ce dispositif instauré par une loi de 2005 a été confirmée mercredi par la ministre de la Justice Christiane Taubira dans une circulaire de politique pénale adressée aux parquets.

"On n'est absolument pas contre mais on veut que l'administration nous donne les moyens de faire notre travail correctement", a précisé Stéphanie Marsaudon.

Aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès de la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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