L'UE veut voir les travailleurs détachés payés comme les locaux

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    par Jan Strupczewski 
    BRUXELLES, 8 mars (Reuters) - La Commission européenne a 
proposé mardi qu'un travailleur détaché au sein de l'Union 
européenne bénéficie désormais des conditions de rémunération en 
vigueur dans son pays d'accueil et non plus seulement du salaire 
minimum appliqué dans ce pays. 
    L'exécutif européen entend ainsi faire respecter le principe 
"d'une rémunération identique pour un même travail effectué au 
même endroit" alors que le phénomène des travailleurs détachés, 
en pleine expansion, est accusé dans les pays les plus riches de 
l'UE de favoriser un "dumping social" au détriment de leurs 
propres travailleurs. 
    "La proposition prévoit que les travailleurs détachés 
bénéficieront de manière générale des mêmes règles en matière de 
conditions de rémunération et de travail que les travailleurs 
locaux", déclare la Commission dans un communiqué, en précisant 
que, au-delà du salaire minimum, les conditions de rémunération 
portent aussi sur les primes et les indemnités. 
    Les travailleurs détachés seraient désormais couverts par 
les dispositions législatives ou les conventions collectives du 
pays d'accueil. S'il le souhaite, un Etat membre de l'UE pourra 
imposer qu'un sous-traitant d'un autre pays de l'UE accorde à 
ses travailleurs la même rémunération que le contractant 
principal du pays d'accueil. 
    Ces propositions, qui portent aussi sur le travail 
intérimaire, doivent être validées par les gouvernements des 
Vingt-Huit et le Parlement européen. 
    Entre 2010 et 2014, le nombre de détachements a augmenté de 
presque 45% dans l'UE. En 2014, environ 1,9 million de 
travailleurs européens ont été détachés dans d'autres États 
membres, souligne la Commission. 
    Cette proposition de réforme d'une directive de 1996 vise à 
mieux concilier le principe de marché unique et la grande 
diversité des niveaux de vie, de salaire et de protection 
sociale entre les 28 pays composant l'UE. 
    Les écarts sont tels qu'en l'état actuel, une entreprise du 
bâtiment implantée en Lettonie, où le coût horaire du travail 
est en moyenne de 6,60 euros, peut verser nettement plus à ses 
employés lettons pour honorer un contrat en Suède, où le coût 
horaire est de 37,40 euros, tout en restant plus compétitive que 
ses concurrentes suédoises. 
    D'après les données d'Eurostat datant de 2014, le coût moyen 
d'une heure de travail est de 40,30 euros au Danemark mais de 
3,80 euros en Bulgarie. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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