L'UE veut renforcer la compétitivité du secteur du luxe

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L'UE veut renforcer la compétitivité du secteur du luxe
L'UE veut renforcer la compétitivité du secteur du luxe

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Union européenne souhaite l'instauration d'un cadre réglementaire permettant de renforcer la compétitivité du secteur du luxe et entend faire des recommandations dans ce sens avant la fin 2012.

A l'heure où les débats sur la relance de la croissance et sur l'emploi mobilisent les esprits dans une Europe fragilisée par la crise de la dette, les acteurs du luxe veulent faire entendre leur voix et défendre leurs atouts comme leurs intérêts.

"Le secteur constitue une sorte de modèle de développement en Europe, avec son positionnement très haut de gamme, son tissu de PME, ses savoir-faire, sa croissance et ses exportations", a déclaré à Reuters Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert, qui regroupe plusieurs dizaines de sociétés françaises du secteur.

Fort d'une étude réalisée à la demande de cinq associations de professionnels du luxe sur le poids du secteur dans l'économie européenne et présentée mardi au Parlement européen, Antonio Tajani, vice-président de la Commission en charge de l'Industrie, a jugé "primordial" d'assurer sa compétitivité.

"Mes services vont commander une étude sur l'industrie et proposeront des recommandations avant la fin de l'année", a-t-il dit.

Les acteurs du luxe regroupés au sein de l'ECCIA - le Comité Colbert en France, la fondation Altagamma en Italie, le Circulo Fortuny en Espagne, le Walpole British Luxury en Grande Bretagne et le Meisterkreis en Allemagne - plaident pour la préservation du cadre réglementaire qui régit la propriété intellectuelle et leur assure la possibilité de choisir leurs réseaux de distribution sélective.

"Il existe un cadre juridique sur lequel nous pouvons demander des améliorations, mais nous souhaitons surtout qu'il n'y ait pas de retour en arrière et de remise en cause de notre business model", a indiqué Elisabeth Ponsolle des Portes.

PLUS DE 10% DES EXPORTATIONS DE L'UE

Le luxe milite aussi pour l'égalité de traitement entre une Europe "passoire" et certains pays qui, comme le Brésil ou l'Inde, pratiquent des droits de douane jugés prohibitifs.

Il plaide également pour des politiques nationales de préservation de la formation aux métiers d'artisanat, dans un secteur qui voit de nombreuses écoles fermer - comme le centre dédié au verre à Pantin, au nord de Paris, ou les souffleries de verre en Bohême - et qui a de plus en plus de mal à recruter.

Le chiffre d'affaires du luxe européen - en incluant les ventes aux enchères, l'hôtellerie, le mobilier ou l'automobile, aux côtés de la maroquinerie, de l'horlogerie, de la joaillerie, de la mode, des parfums ou des vins et spiritueux - pèse selon le rapport environ 440 milliards d'euros, soit 3% du PIB européen.

Le secteur, dont la production est basée pour l'essentiel en Europe et qui exporte massivement, est souvent présenté comme un modèle de compétitivité, s'appuyant sur la qualité de ses savoir-faire et sur une forte créativité.

Les marques européennes comptent pour plus de 70% des ventes mondiales du luxe et exportent 60% de leur production hors de l'UE, contribuant ainsi à plus de 10% de ses exportations totales. Les grands noms du luxe français comme LVMH, géant mondial du secteur, ou Hermès, exportent jusqu'à 80% de leur chiffre d'affaires hors de l'Hexagone.

Le luxe constitue aussi un important moteur de croissance.

Grâce à l'appétit grandissant de la clientèle des pays émergents et à des flux touristiques en pleine explosion, le secteur brave la crise et affiche de spectaculaires taux de croissance, dépassant largement les 10%.

Selon les estimations du Boston Consulting Group, les ventes de produits de luxe devraient ralentir en 2012 mais afficher encore une croissance de l'ordre de 7% par an jusqu'en 2014, sauf crise économique mondiale majeure.

SOURCE D'EMPLOIS

Le secteur est aussi source d'emplois : environ un million de personne y travaillent directement et 500.000 indirectement.

Enfin, le luxe est une importante source d'attractivité pour l'Union européenne. Selon les chiffres de Global Blue, le shopping constitue un des principaux moteurs du tourisme étranger, qui génère aujourd'hui la moitié des ventes de produits de luxe en Europe.

Le rapport chiffre en outre à plus de 110 milliards d'euros l'ensemble des recettes fiscales tirées du secteur par les Etats.

Edité par Marc Angrand

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