L'UE veut lier l'aide à l'Afrique à la lutte contre les migrations

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    STRASBOURG, France, 7 juin (Reuters) - La Commission 
européenne a proposé mardi de lier aide au développement et 
partenariats économiques avec les pays d'Afrique à leur 
coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine vers 
l'Europe. 
    "Ces pays qui (...) travaillent avec nous bénéficieront 
d'avantages spécifiques", a déclaré un responsable européens, 
évoquant les mesures présentées par la Commission. "Ceux qui ne 
le souhaitent pas ou qui n'en sont pas capables seront traités 
différemment et cela sera transposé dans notre politique de 
développement et de commerce." 
    L'accord conclu en mars avec la Turquie, très sévèrement 
critiqué par des groupes de défense des droits de l'homme, a 
permis de réduire le flux de migrants et de réfugiés vers la 
Grèce après l'arrivée l'année dernière de quelque 1,3 million de 
personnes. 
    Mais l'amélioration des conditions météorologiques a 
toutefois récemment conduit les passeurs à multiplier les 
traversées de la Méditerranée entre l'Afrique du Nord et 
l'Italie, provoquant une aggravation du nombre de disparus en 
mer - 2.809 morts par noyade depuis le début de l'année contre 
1.838 durant la même période de 2015, selon l'Organisation 
internationale pour les migrations (OIM).   
    Alors que l'essentiel des flux migratoires concernaient 
l'année dernière des Syriens, des Irakiens et d'autres 
populations quittant des zones en guerre, les dirigeants 
européens craignent désormais une immigration massive en 
provenance d'Afrique, souvent en raison des conditions 
économiques déplorables du continent le plus pauvre de la 
planète. 
    "Les départs de la Libye et de l'Egypte vers l'Italie 
entraînent désormais de nombreux naufrages en Méditerranée, avec 
un bilan lourd en vies humaines", a déclaré au Monde Frans 
Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne. 
    L'exécutif européen propose d'allouer 8 milliards d'euros à 
l'aide au développement au cours des cinq prochaines années. 
    Une partie de ce montant fait partie des sommes que l'Union 
s'est déjà engagée à verser, mais la Commission propose de 
verser davantage de fonds qui seraient déboursés en contrepartie 
de la signature d'accords individuels pour être tout à fait 
certaines que ceux qui reçoivent l'aide participent à la lutte 
contre l'immigration clandestine. 
    Parmi les pays prioritaires, figurent la Jordanie et le 
Liban qui, comme la Turquie, accueillent de nombreux réfugiés 
syriens, a déclaré Frans Timmermans au Monde. La Commission 
souhaite également se rapprocher du Niger, du Nigeria, du Mali, 
du Sénégal ou de l'Ethiopie. 
 
 (Francesco Guarascio,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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