L'UE veut aider Lisbonne et Dublin à revenir sur les marchés

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L'UE SOUHAITERAIT PERMETTRE À LISBONNE ET DUBLIN DE SE FINANCER À NOUVEAU SUR LES MARCHÉS DÈS 2013
L'UE SOUHAITERAIT PERMETTRE À LISBONNE ET DUBLIN DE SE FINANCER À NOUVEAU SUR LES MARCHÉS DÈS 2013

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les responsables européens étudient les moyens de réduire le fardeau financier des Etats irlandais et portugais afin de leur permettre de se financer de nouveau sur les marchés dès cette année, ce qui pourrait passer par un étalement du remboursement des aides reçues ces dernières années.

Lors d'une conférence de presse à la suite d'une réunion des ministres des Finances de l'Union mardi, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, a déclaré que l'Ecofin et la Commission avaient confiance en la capacité du Portugal et de l'Irlande à retrouver un accès plein et entier aux marchés des capitaux au terme de leurs plans d'aide.

"L'Ecofin et l'Eurogroupe, avec la Commission européenne, examineront dans les mois à venir les moyens de faciliter ce retour au financement sur les marchés", a-t-il poursuivi, disant que Bruxelles était favorable à l'allongement de la maturité des prêts accordés à Dublin et à Lisbonne.

"Du point de vue de la Commission, je peux dire que nous y sommes en principe favorables (...) Il est dans l'intérêt fondamental, non seulement des deux pays mais également de toute l'Union européenne que l'Irlande et le Portugal se financent de nouveau avec succès sur les marchés financiers."

ALLONGER LA MATURITÉ DES PRÊTS ACCORDÉS

Lundi, les deux pays ont demandé aux ministres des Finances de la zone euro d'étaler une partie du remboursement de l'aide internationale reçue en 2011.

Dublin et Lisbonne souhaitent entre autres allonger la maturité des prêts contractés auprès du FESF (Fonds européen de stabilité financière) et du MESF (Mécanisme européen de stabilité financière), afin de réduire les remboursements prévus en 2016 et 2021 dans le cas du Portugal, en 2016 et 2022 dans celui de l'Irlande.

Une telle extension devrait obtenir la majorité des votes des Etats membres de l'UE pour le FESF et être approuvée à l'unanimité par les 17 pays de la zone euro.

Une autre option pourrait consister en une ligne de crédit de précaution accordée par fonds de sauvetage de la zone euro combiné à l'achat par la BCE d'obligations sur le marché secondaire, a déclaré Olli Rehn.

Les achats d'obligation prévus par la BCE sous l'appellation OMT (Outright Monetary Transactions ou "opérations monétaires sur titres") ne sont en principe ouverts qu'aux pays qui émettent des obligations à long terme sur le marché, une condition qu'aucun des deux États ne remplit.

L'Irlande prévoit toutefois d'émettre prochainement des obligations à neuf ans tandis que le Portugal pourrait rouvrir dès cette semaine une ligne obligataire 2017, selon l'agence spécialisée IFR, filiale de Thomson Reuters.

Les ministres des Finances de l'union européenne devraient discuter à nouveau de la question lors d'une prochaine réunion prévue début mars, a précisé Olli Rehn.

"DES MILLIARDS D'EUROS D'ÉCONOMIES"

La maturité des prêts du MESF au Portugal, qui à la fin de l'année 2012 avait reçu 22,1 milliards d'euros sur les 26 milliards promis, s'échelonne de cinq à 30 ans. Le FESF a versé de son côté à Lisbonne 18,2 milliards sur un total de 26 milliards, avec une maturité moyenne de 13,5 ans.

L'Irlande a, de son côté, reçu 12 milliards d'euros sur 17,7 milliards prévus du FESF, avec une maturité moyenne de près de 10 ans, et 21,7 milliards du MESF, en prêts dont la maturité va de 5 à 30 ans.

Olli Rehn s'est refusé à évaluer ce qu'un allongement de la maturité pourrait faire économiser aux deux pays, mais le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a évoqué un montant significatif.

"Nous parlons d'économies d'un certain montant (qui se chiffre) en milliards", a-t-il déclaré à la presse.

L'Irlande bénéficie depuis novembre 2010 d'un plan de sauvetage sur trois ans de l'Union européenne et du FMI. Le Portugal a quant à lui dû solliciter un plan de sauvetage sur trois ans en mai 2011.

avec John O'Donnell; Benoit Van Overstraeten et Agathe Machecourt pour le service français, édité par Marc Angrand

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