L'UE va presser Ankara d'en faire plus contre l'Etat islamique

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BRUXELLES, 7 décembre (Reuters) - Trois hauts responsables de l'Union européenne sont attendus lundi et mardi en Turquie pour appeler Ankara à coopérer plus étroitement dans la lutte contre l'organisation Etat islamique. Federica Mogherini, la nouvelle Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, et les commissaires à l'Elargissement Johannes Hahn et à l'Aide humanitaire Christos Stylianides devraient également insister pour que la Turquie n'aide pas la Russie à se soustraire aux sanctions que lui ont imposé les Vingt-Huit. "Cette visite est un signal fort de l'importance stratégique de la relation entre l'UE et la Turquie et de notre désir d'intensifier notre engagement", souligne Mogherini dans un communiqué. Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, qui ont officiellement débuté en 2005, se heurtent à des obstacles politiques, à commencer par la question chypriote, et à de vives résistances de certains Etats européens. Mais la nouvelle Commission européenne, en place depuis novembre, espère relancer un dialogue bilatéral régulier avec Ankara sur leurs intérêts stratégiques communs. De sources européennes, on souligne que la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique sera au coeur des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Ahmet Davutoglu. Avec ses 1.200 km de frontière commune avec la Syrie et l'Irak, la Turquie est en première ligne et les milliers d'Européens qui se sont rendus en Syrie pour rejoindre l'Etat islamique ou d'autres groupes islamistes armés ont transité par son territoire. L'UE souhaite que la Turquie l'aide à identifier les candidats au djihad, explique un responsable européen. Les représentants de Bruxelles, qui se rendront également dans un camp de réfugiés, annonceront aussi un accroissement de l'aide européenne à la Turquie pour l'aider à faire face à l'afflux de populations en provenance de Syrie et d'Irak. Sur le volet russe, Ankara ne s'est pas associé aux sanctions occidentales imposées à Moscou en réaction à sa politique ukrainienne. Mais les Européens ne désespèrent pas de rallier la Turquie à leur cause ou, à tout le moins, de ne pas tirer avantage de la situation en se substituant aux exportations européennes affectées, ajoute ce même responsable. La venue de cette "troïka" européenne survient une semaine après la visite de Vladimir Poutine lors de laquelle la Russie a annoncé l'abandon du projet de gazoduc South Stream et présenté la Turquie comme partenaire préférentiel d'un projet alternatif. (Adrian Croft; Henri-Pierre André pour le service français)

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