L'UE va ordonner l'inspection de tous les A380

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L'UE S?APPRÊTE À ORDONNER L'INSPECTION DE LA TOTALITÉ DES A380
L'UE S?APPRÊTE À ORDONNER L'INSPECTION DE LA TOTALITÉ DES A380

par Tim Hepher

KUALA LUMPUR (Reuters) - Les autorités européennes se préparent à étendre le processus d'inspection des Airbus A380 à l'ensemble de la flotte après la découverte de fissures sur les ailes de certains exemplaires du très gros porteur, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.

La décision de procéder graduellement à une inspection généralisée concernera ainsi les 68 A380 actuellement en service. Elle intervient alors que la compagnie australienne Qantas Airways a immobilisé l'un de ses avions, expliquant que ses techniciens avaient repéré 36 fissures sur les ailes après un vol marqué par de fortes turbulences.

"Il s'agit d'une extension d'un processus déjà en cours", a dit l'une des sources, qui a refusé d'être identifiée. "Un cas de réparation a bien été identifié."

Airbus s'est refusé à tout commentaire. La filiale d'EADS avait assuré le mois dernier que la présence de fissures sur les ailes de certains appareils ne remettait pas en cause leur sécurité.

L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) n'était pas disponible dans l'immédiat pour un commentaire. Elle a ordonné en janvier des inspections sur un tiers environ des A380 en service après la découverte de ces "criques" sur les ailes de plusieurs d'entre eux.

Les inspections s'étaient initialement concentrées sur une vingtaine d'A380 exploités par les compagnies Singapore Airlines, Air France et Emirates.

Ces appareils sont ceux qui ont réalisé le plus grand nombre de décollages et d'atterrissages depuis l'entrée en service des premiers exemplaires de l'appareil, il y a un peu plus de quatre ans.

L'AESA souhaite désormais disposer d'un calendrier d'inspection concernant tous les A380, ont expliqué deux sources du secteur qui ont requis l'anonymat.

La compagnie allemande Lufthansa, qui exploite huit A380, a déclaré que, sur la base d'informations restant à confirmer, la généralisation des inspections visait à assurer que celles-ci soient menées avant que les avions aient franchi le seuil de 1.300 cycles de décollage-atterrissage.

Les inspections ordonnées préalablement par l'AESA ne concernaient que les appareils ayant déjà franchi ce seuil.

"Notre flotte est encore jeune, nos plus vieux A380 ont réalisé environ 900 cycles", a précisé Michael Lambert, porte-parole de Lufthansa. "Cela signifie que nous disposons d'une marge de manoeuvre pour réaliser les vérifications une par une dans le cadre de la maintenance habituelle, sans avoir à annuler le moindre vol d'A380."

Les frais d'inspection et le coût des éventuelles réparations sont à la charge d'Airbus, tout comme les coûts générés par d'éventuelles perturbations dans l'exploitation commerciale des avions.

DES TECHNOLOGIES DIFFICILES À MAÎTRISER

Airbus n'est pas le seul avionneur contraint de reconnaître des défauts sur l'un de ses avions emblématiques : dimanche, son principal concurrent, l'américain Boeing, a reconnu l'existence d'un défaut de structure nécessitant une modification du fuselage de certains exemplaires de son B787 "Dreamliner".

Mais ce défaut ne remet pas en cause la sûreté de l'appareil, a assuré lui aussi Boeing.

"Ce ne sont pas des pièces critiques qui peuvent affecter la sécurité dans l'immédiat, mais c'est assez troublant parce que cela veut dire qu'aucun des constructeurs n'a pu maîtriser les technologies en dépit de tous les tests qu'ils ont effectués", a déclaré à Reuters Jean-Pierre Casamayou, rédacteur en chef de la revue spécialisée Air et Cosmos.

"Les deux avions ont connu deux ou trois ans de retard, pourtant, malgré ce temps supplémentaire pris pour achever le développement, on voit que des problèmes sont arrivés très tôt par rapport aux autres programmes."

Au total, Airbus a engrangé 253 commandes d'A380 auprès de 19 clients différents. Il en a livré 69 à ce jour à sept compagnies : Air France, China Southern, Emirates, Korean Air, Lufthansa, Qantas et Singapore Airlines.

Aucune d'elles n'a pour l'instant fait état d'une baisse des réservations depuis l'annonce de la découverte des fissures mais plusieurs ont dit rester vigilantes sur ce dossier.

Airbus prévoit de livrer cette année 30 exemplaires de l'A380, dont le prix catalogue peut atteindre 390 millions de dollars (294 millions d'euros). Il n'a pas précisé si des livraisons risquaient d'être retardées par le problème des fissures.

Pour ce qui concerne Boeing, la compagnie japonaise Japan Airlines a annoncé mardi s'attendre à ce que le premier des 35 "Dreamliner" qu'elle a commandés ne lui soit pas livré à la fin du mois comme prévu initialement.

A la Bourse de Paris, l'action EADS perdait 1,48% à 26,555 euros à 13h35, alors que l'indice CAC 40 gagnait 0,39%.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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