L'UE va devoir réviser ses relations avec la Suisse, dit Fabius

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FABIUS PENSE QUE LE VOTE SUISSE SUR L'IMMIGRATION DOIT ÊTRE PRIS EN COMPTE PAR L'UE
FABIUS PENSE QUE LE VOTE SUISSE SUR L'IMMIGRATION DOIT ÊTRE PRIS EN COMPTE PAR L'UE

PARIS (Reuters) - L'Union européenne va devoir réviser ses relations avec la Suisse après le référendum de dimanche en faveur du rétablissement de quotas d'immigration dans ce pays, a déclaré lundi le chef de la diplomatie française.

Interrogé par RTL, Laurent Fabius a jugé préoccupant ce vote, qui vise notamment l'immigration en provenance de l'Union européenne, parce qu'il signifiait une volonté de la Confédération helvétique de se replier sur elle-même.

"C'est paradoxal puisque la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l'UE et vit très largement de l'UE", a-t-il dit.

Le vote de dimanche est une "mauvaise nouvelle à la fois pour l'Europe et pour les Suisses puisque la Suisse refermée sur elle-même, ça va la pénaliser", a-t-il ajouté.

La Suisse est certes en bonne santé économique mais, seule, elle "ne représente pas une puissance économique considérable", a fait valoir Laurent Fabius.

Il a rappelé que toute une série d'accords liaient l'UE et la Suisse, notamment sur la libre circulation des travailleurs.

"Il y a une clause dite de guillotine qui fait que si l'un des éléments est mis en cause, en l'occurrence, là, la libre circulation des travailleurs, tout tombe. Donc ça veut dire qu'il va falloir renégocier", a souligné Laurent Fabius.

Le gouvernement helvétique a certes trois ans pour tirer les conséquences pratiques du vote de dimanche.

"Mais ça signifie qu'on va revoir nos relations avec la Suisse", a insisté le ministre français des Affaires étrangères.

La présidente du Front National, Marine Le Pen, a au contraire estimé sur Europe 1 que les Suisses faisaient "preuve de beaucoup de bon sens".

"J'aimerais bien qu'on les suive, d'ailleurs", a ajouté la dirigeante d'extrême droite. "Je pense que s'il y avait un référendum en France sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l'arrêt de l'immigration de masse."

L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a pour sa part estimé que réduire le nombre d'étranger sur son territoire était une "revendication (...) parfaitement naturelle" et qu'elle était à considérer sous l'angle de l'intégration.

"Je propose depuis des mois que la France et l'Europe adoptent le même système (...) qui consiste à décider chaque année combien d'étrangers peuvent être accueillis", a-t-il expliqué sur BFM TV. "Il y a un blocage de l'intégration lié au nombre d'étrangers qu'on accueille sur notre territoire."

Il a cependant estimé que mettre une barrière à l'accès des milliers de frontaliers français qui vont travailler en Suisse serait "totalement incompréhensible".

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • M7313387 le lundi 10 fév 2014 à 13:45

    collez le en maison de retraite après lavoir contaminé. je ne comprends pas que Fabius ait le droit de citer en dehors des anciens combattants

  • a.guer le lundi 10 fév 2014 à 13:38

    il n'y a que les "élites" socialistes pour juger que la décision d'un peuple est "préoccupante" !

  • muck12 le lundi 10 fév 2014 à 13:35

    pauvre suisse vont vite comprendre l erreur

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 13:07

    En fait, comme les référendums en UE resservis lorsque la réponse déplait, comme les informations orientées en France, ce qui fait peur c'est le courage réellement démocratique de la Suisse. Et ça, c'est vraiment vilain et mérite tous les anathèmes - y compris celui de les traiter d'extrême droite et/ou populiste.

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 13:05

    "refermer sur elle-même". Oui oui ... comme avant 2002, comme les USA ou le Canada actuellement. C'est le rideau de fer surement. Même lui, malgré son expérience (certes pas forcément à son avantage entre sang contaminé et cagnotte fiscale pour un moindre déficit), fait preuve d'une légèreté toute naïve.

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 13:02

    Il y a beaucoup d'exagération, de cinéma et d'agitation auprès des cuistres bien pensant qui se permettent de réagir à chaud sans avoir creusé un peu le sujet.

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 13:01

    En quoi la prise en compte des frontaliers dans les quotas - alors même que cela n'est qu'au stade du référendum sur une question bien plus générale - va priver les actuels frontaliers de s'y rendre ? leur contrat de travail va s'arrêter du jour au lendemain ?

  • M5441845 le lundi 10 fév 2014 à 13:01

    La trouille c'est surtout que les accords de coopération fiscale et bancaire n'aboutissent jamais. Dans ce cas les coffres des banques suisses se rouvriraient,deviendraient très accueillants et selon la tradition dans le plus parfait secret. Les pays ayant la fiscalité la plus lourde ont le plus a perdre. A ce jeu la France est première (personne ne lui conteste la place)et le billet de 500 euros n'y est pour rien, le problème est ailleurs.

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 13:00

    Un pays ayant vu sa densité augmenté de plus de 10% en 10 ans, qui atteint près du double de celle de la France et qui est très montagneux est il illégitime dans son souhait de maîtriser l'immigration ?

  • gnapi le lundi 10 fév 2014 à 12:59

    J'aimerais connaitre la position de ces gens sur les relations à avoir avec les US ou le Canada ? ou sur la Suisse d'avant 2002 (avant la simplification de l'imml=igration en Suisse) ?