L'UE tente une nouvelle approche face aux migrations africaines

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    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 21 octobre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union 
européenne se sont mis d'accord jeudi pour accélérer la lutte 
contre l'immigration illégale en provenance des pays africains, 
après avoir quasiment tari les flux en provenance de Turquie.  
    L'accord conclu en mars dernier avec Ankara a permis de 
réduire quasiment à néant les arrivées de migrants sur les îles 
grecques de la mer Egée. Mais dans le même temps, les arrivées 
en Italie en provenance d'Afrique ont augmenté. 
    Pour tenter de réduire le flot de candidats en quête d'une 
vie meilleure qui tentent par milliers de traverser la 
Méditerranée, l'UE propose des accords commerciaux et des 
investissements à des pays africains.   
    "Il ne s'agit pas seulement d'argent, il s'agit d'améliorer 
les capacités et les chances des habitants de ces pays, et 
donner de l'espoir", a déclaré à son arrivée au sommet de 
Bruxelles Angela Merkel. La chancelière veut faire de l'Afrique 
une priorité de la présidence allemande du G20 l'an prochain et 
prévoit d'organiser à Berlin une conférence consacrée au 
développement du continent.   
    En échange d'un soutien financier, les Européens demandent à 
leurs partenaires africains de renforcer les contrôles à leurs  
frontières et d'accepter le retour d'immigrés illégaux.  
    "Davantage d'efforts sont nécessaires pour tarir le flot de 
migrants illégaux, provenant d'Afrique en particulier, et 
d'améliorer les taux de retour", peut-on lire dans le communiqué 
commun relatif à l'immigration adopté par les dirigeants des 
Vingt-Huit.  
    Ces derniers ont donné leur aval à un plan préparé par la 
Haute Représentante pour les Affaires étrangères de l'Union, 
Federica Mogherini, visant à appliquer cette nouvelle approche 
avec cinq pays: le Niger, le Nigeria, le Mali, le Sénégal et 
l'Ethiopie. 
    Les premiers résultats de ce projet seront présentés par 
Federica Mogherini lors du prochain sommet européen, en 
décembre, avec l'idée d'étendre l'expérience à d'autres pays.  
    Parmi les autres Etats visés figurent l'Erythrée, souvent 
qualifié de Corée du Nord de l'Afrique en raison de l'opacité de 
son régime et de ses mauvaises performances en matière de 
respect des droits de l'Homme. Une situation qui fait des 
migrants érythréens des candidats sérieux à l'obtention du droit 
d'asile dans les pays de l'Union européenne.  
    Les diplomates italiens ont salué cette nouvelle démarche à 
l'égard de l'Afrique, qui rejoint la volonté de Rome de 
s'attaquer aux sources mêmes des migrations.   
    Selon des responsables, la référence à l'effort financier 
"significatif" de l'Italie faite dans le texte des Vingt-Huit 
peut être considérée comme une victoire personnelle pour le 
président du Conseil italien, Matteo Renzi.  
    Le Parlement italien a fixé pour l'an prochain un objectif 
de déficit budgétaire à 2,3% du PIB, au lieu des 1,8% sur 
lesquels Rome s'était engagé en mai dernier. 
    Mais Matteo Renzi réclame de la Commission européenne que 
les dépenses exceptionnelles liées dépenses au séisme d'août 
dernier à Amatrice et à l'accueil des migrants ne soient pas 
comptées dans le déficit. 
    L'Italie a accueilli 154.000 migrants l'année dernière, un 
niveau qui devrait être atteint voire dépassé cette année. Dans 
la seule journée de jeudi, plus de 1.400 migrants massés sur des 
bateaux ont été secourus au large des côtes libyennes, selon un 
communiqué des garde-côtes italiens.  
 
 (avec Steve Scherer à Rome; Elizabeth Pineau pour le service 
français) 
 
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