L'UE tente de limiter l'impact de l'embargo russe

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* Réunion d'experts de l'UE jeudi * Un fonds d'urgence de 400 mlns créé fin 2013 * Des mesures de soutien à la pâche et à la nectarine (Actualisé avec des citations et des précisions) par Barbara Lewis et Nigel Hunt BRUXELLES, 11 août (Reuters) - La Commission européenne a commencé lundi d'analyser produit par produit les répercussions de l'embargo de la Russie sur les importations alimentaires de l'Union européenne et a pris des mesures d'urgence pour aider les producteurs de pêches et de nectarines, qui pâtissent en outre du mauvais temps de ces dernières semaines. Moscou a imposé jeudi un embargo total sur des importations alimentaires en provenance des Etats-Unis, de l'UE, d'Australie, du Canada et de Norvège, en réplique aux sanctions imposées notamment par l'UE et les Etats-Unis à la Russie en raison du conflit ukrainien. ID:nL6N0QD4DQ Le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos a rompu la traditionnelle trêve estivale de l'exécutif européen en revenant à Bruxelles durant le week-end et en mettant sur pied lundi un groupe de travail. La CE pourrait décider de mobilier un fonds d'urgence de 400 millions d'euros mis en place fin 2013, dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Pour l'heure, ce fonds n'a encore jamais été utilisé. Ce même lundi, la CE a quoi qu'il en soit annoncé avoir décidé d'aider les producteurs de pêches et de nectarines en faisant passer de 5% à 10% la part de leur production qui peut être retirée du marché et distribuée gratuitement. L'Union européenne dédommagera les fermiers pour les fruits non vendus. Elle prévoit également des fournir des fonds supplémentaires pour promouvoir les fruits. La CE n'a pas précisé le montant de ces aides et n'a pas dit si elles proviendraient du fonds de 400 millions d'euros. La Commission a précisé que les mesures définies pour les arboriculteurs, qui doivent encore être approuvées formellement, étaient déjà envisagées en raison des dégâts provoqués par les conditions climatiques et qu'elles s'étaient imposées définitivement avec l'embargo russe. La France, l'Italie, la Grèce et l'Espagne sont les principaux producteurs de pêches et de nectarines de l'Union européenne. Dans son ensemble, l'UE produit entre 2,4 et 2,5 millions de tonnes de pêches par an, la production de nectarines étant de 1,1 à 1,2 million de tonnes. "Nous surveillons de près les marchés et je n'hésiterai pas, si nécessaire, à faire de même pour venir en aide à d'autres secteurs dépendant des exportations vers la Russie", a déclaré Dacian Ciolos. Des experts agricoles des 28 pays de l'UE se réuniront jeudi à Bruxelles pour décider d'une stratégie concertée. L'AGROALIMENTAIRE EST EN TRAIN DE PAYER Des analystes estiment que l'embargo décrété par Moscou risque de porter davantage préjudice au consommateur russe qu'aux producteurs européens. En effet, expliquent-ils, la Russie se tournant vers d'autres fournisseurs, par exemple en Amérique du Sud, les prix risquent de monter dans ces pays, ce qui pourrait être une belle opportunité pour les Etats-Unis et l'UE, dont les prix deviendrait plus compétitifs. De fait, le commissaire européen Dacian Ciolos a bon espoir que l'agriculture européenne trouvent rapidement d'autres débouchés. Un précédent embargo russe décrété dans le courant de l'année sur le porc européen semble avoir eu un impact relativement modeste, a observé la Commission, dans la mesure où les producteurs ont trouvé de nouveaux marchés en Asie, profitant également d'une épidémie qui a touché le secteur porcin aux Etats-Unis. "Le Brésil, seul pays agréé export pour la Russie, voit son cours du porc atteindre des sommets pour la période", constate dans une note hebdomadaire publiée lundi l'association Le Marché du Porc Breton (MPG). "Ce niveau de prix a un impact sur le marché mondial dont les exportateurs européens tirent quelques bénéfices." Néanmoins, la perte du marché russe pourrait avoir une incidence non négligeable sur la rentabilité de certains producteurs. "Nous sommes sous embargo depuis six mois. On a 400.000 tonnes de viande sur les bras", a déclaré à Reuters Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP). "On a perdu 15-20 centimes le kilo de carcasse en six mois. Si on avait la Russie aujourd'hui on aurait 15-20 centimes de plus", a-t-il ajouté. "La vie continue pour les produits de luxe, les armes, le pétrole. J'ai l'impression que c'est le monde agroalimentaire qui est en train de payer". (Barbara Lewis, Benoit Van Overstraeten et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)

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