L'UE tempère l'optimisme des Grecs sur les négociations

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L'UE TEMPÈRE L'OPTIMISME DES GRECS SUR LES NÉGOCIATIONS AVEC SES CRÉANCIERS
L'UE TEMPÈRE L'OPTIMISME DES GRECS SUR LES NÉGOCIATIONS AVEC SES CRÉANCIERS

par Lefteris Papadimas et Jan Strupczewski

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - Les créanciers européens de la Grèce ont tempéré mardi les espoirs d'Athènes d'une issue rapide des négociations sur le déblocage de la dernière tranche du plan d'aide, soulignant au contraire qu'il fallait accélérer les discussions pour conclure avant que le pays ne se retrouve à court d'argent.

L'analyse à froid faite tant par Bruxelles que par Berlin contraste fortement avec l'optimisme affiché par Athènes, où plusieurs hauts responsables du gouvernement de gauche ont fait une série d'apparitions publiques pour assurer que l'on n'était plus qu'à quelques jours d'un accord.

Ainsi le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a-t-il déclaré lundi soir sur une chaîne de télévision grecque qu'un accord pourrait être conclu dans un délai d'une semaine. Un peu plus tôt, c'est le Premier ministre, Alexis Tsipras, qui estimait que les discussions étaient dans la "dernière ligne droite".

Ces propos optimistes ont fait monter la Bourse d'Athènes de près de 2% mardi, alors même que les décideurs de la zone euro se montraient, eux, nettement plus réservés.

"Il faudra encore du temps et des efforts pour aplanir les différends sur les questions toujours en suspens. Nous disons que des progrès ont été réalisés, mais à un rythme lent", a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, lors d'un point de presse quotidien.

L'exécutif européen a démenti d'autre part les informations du journal grec To Vima d'après lequel son président, Jean-Claude Juncker, avait présenté une proposition de compromis pour sortir les négociations de l'impasse.

APARTÉS À RIGA

A l'issue d'un entretien mardi à Berlin, Angela Merkel et François Hollande ont estimé qu'il fallait accélérer les négociations entre la Grèce et ses créanciers avant que de nouvelles tranches d'aide puissent être débloquées.

"Je dirais qu'il faut accélérer les négociations, et non pas qu'elles vont trop vite. Nous espérons que le forum adéquat - le groupe de Bruxelles (NDLR, groupe de négociateurs, qui a succédé à la troïka) - pourra faire des progrès clairs et nets car l'accord en février prévoyait qu'un programme devait être mis en place avant la fin mai", a déclaré la chancelière allemande.

Le président français a estimé lui aussi qu'il importait d'accélérer les discussions avec la Grèce, réaffirmant que tout le monde souhaitait le maintien d'Athènes dans la zone euro.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a enfoncé le clou, mardi, estimant lui aussi que les négociations avec la Grèce n'avançaient pas assez vite.

Tout en saluant les progrès réalisés dans des "domaines secondaires", le ministre, dont les propos ont été rapportés par deux participants présents à une réunion de personnalités conservatrices, a dit que globalement, le rythme des discussions avec Athènes demeurait trop lent et qu'il n'y avait pas eu encore de réelle avancée.

Angela Merkel et François Hollande verront l'un et l'autre Alexis Tsipras lors du sommet européen du "Partenariat oriental", qui se tiendra jeudi et vendredi à Riga. Les dirigeants grecs espèrent avoir une série d'entretiens bilatéraux en marge du sommet pour hâter la recherche d'un accord avant que leur pays ne fasse défaut.

Les dirigeants de la zone euro ont prévenu cependant que les progrès éventuels qui pourraient être réalisés à Riga ne pourraient se substituer aux négociations en cours entre techniciens des deux parties.

(avec Andreas Rinke à Berlin; Eric Faye pour le service français)

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