L'UE soutient le projet onusien de trêve en Syrie

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par Adrian Croft et Robin Emmott BRUXELLES, 15 décembre (Reuters) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne soutiennent un plan de paix visant à instaurer une trêve à Alep, qu'il jugent susceptible de favoriser une solution politique en Syrie après trois ans et demi de guerre civile. L'émissaire de paix de l'Onu en Syrie, Staffan de Mistura, a détaillé dimanche soir son plan auprès des ministres européens et qui vise à imposer un "gel des combats" à Alep afin de permettre l'acheminement d'une aide aux habitants de la ville occupée pour moitié par les troupes gouvernementales et pour l'autre par les rebelles. "L'UE s'engage à soutenir pleinement (...) les efforts de Mistura en faveur d'une désescalade stratégique de la violence qui servirait de base à un processus politique plus large", disent les ministres des Affaires étrangères dans un communiqué publié lundi. L'Union européenne pourrait manifester son soutien en contribuant à la reconstitution d'une administration locale et les services de base dans les zones où les combats se sont calmés, dit le communiqué. Les ministres expriment en outre leurs inquiétudes devant l'intensification de l'offensive des troupes fidèles au président Bachar al Assad contre des zones tenus par les rebelles, qui menace selon eux les chances de succès de l'initiative de Staffan de Mistura. La Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Federica Mogherini, a déclaré qu'il était primordial de soutenir le plan des Nations unies, "non seulement pour des raisons humanitaires et politiques, mais également comme témoignage de ce que nous pouvons et devrions faire pour que cesse la guerre en Syrie. Il est temps pour nous d'apporter là-bas une contribution positive." Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn a de son côté déclaré que s'il y avait une trêve, l'Union européenne devait "se tenir prête avec de la nourriture, des médicaments pour aider la population d'Alep." La Commission européenne et l'Italie ont parallèlement décidé lundi de lancer un fonds régional a destination de la Syrie, avec une mise de départ de 23 millions d'euros, devant servir à mobiliser davantage d'aide pour les réfugiés. L'Union et les Etats membres ont pour l'heure levé trois milliards d'euros d'aide humanitaire pour la Syrie et ses voisins. Staffan de Mistura a rencontré en Turquie il y a peu de temps des représentants de l'opposition syrienne pour les convaincre d'appuyer son plan. Il a été prévenu que la chute d'Alep jetterait sur les routes 400.000 réfugiés supplémentaires. L'opposition, mais également les diplomates et les analystes jugent que son projet est risqué, estimant qu'il pourrait favoriser les desseins des troupes gouvernementales à Alep qui subirait alors le même sort que Homs, qu'elles contrôlent désormais en quasi-intégralité. (Nicolas Delame pour le service français)

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