L'UE soutient l'Ukraine, Poutine lève le ton

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Vladimir Poutine s'est exprimé jeudi soir pour réaffirmer ses choix politiques.
Vladimir Poutine s'est exprimé jeudi soir pour réaffirmer ses choix politiques.

Hier soir, le président russe s'est livré à une conférence télévisée dans laquelle il a défendu sa politique, tout en fustigeant l'Occident. Au même moment, l'UE décidait de nouvelles sanctions contre la Russie, visant particulièrement l'actuel pouvoir russe en Crimée.

Avant cette conférence télévisée, Vladimir Poutine gardait le silence sur la crise du rouble et la chute du pétrole. Jeudi soir, le président russe s'est finalement exprimé en se montrant déterminé à suivre sa ligne politique malgré les dommages économiques que cela implique pour son pays.

Discours de Poutine : entre rébellion et caricature

Le président russe n'a pas mâché ses mots pour dénoncer « l'Ouest ». L'emploi de certains mots n'était pas anodin : les puissances occidentales ont ainsi été qualifiées d'« impérialistes » par le président russe, qui voit notamment dans les sanctions européennes la réaction d'un empire défendant ses intérêts au détriment des pays qui ne rentrent pas dans sa logique de marché.

Vladimir Poutine joue ainsi la carte de la rébellion face à la finance mondialisée. Pour le président russe, l'Occident souhaiterait faire de ses voisins des pays « vassaux » dans l'optique de les faire « marcher au pas ». Réaffirmant sa ligne directrice, le président cherche donc à se montrer insoumis politiquement. Une stratégie à quitte ou double : selon le point de vue, on peut y voir une solidité de la position russe, ou au contraire un entêtement dans une stratégie conflictuelle et destructrice.

À noter néanmoins l'absence de solutions proposées par le président russe pour résoudre la crise à laquelle le pays est confronté. On pouvait attendre de sa part des annonces pour soutenir le rouble ou les banques russes déstabilisées par la crise, mais de telles solutions n'ont pas été évoquées.

Réaction relativement calme du marché

On pouvait également attendre de ce discours un fort impact sur la Bourse russe. Cela n'a pas été le cas : après quatre séances à l'évolution chahutée (lire article détaillé), l'indice RTS a ouvert quasi-stable vendredi matin, et clôturé en faible hausse de 0,41%.

Ces chiffres cachent néanmoins une nervosité des investisseurs toujours aussi prégnante : en milieu de journée, l'indice russe perdait jusqu'à 2,5% sans que cela soit nécessairement imputable à l'évolution des prix du pétrole : le WTI de New York s'échangeait toujours aux alentours de 55-56 dollars en cours de journée.

L'UE continue de sanctionner la Russie

Côté européen, la stratégie est tout aussi dure, mais dans un style plus discret. À l'instar du radicalisme du président russe, l'UE semble prête à tout pour soutenir le pouvoir ukrainien qui lui est favorable.

De nouvelles sanctions économiques ont ainsi été prises contre la péninsule de Crimée rattachée de facto à la Russie depuis mars dernier : en plus d'un embargo complet entre l'UE et cette région, les ports de Crimée seront désormais évités par les navires européens, créant un manque à gagner pour la région contrôlée par la Russie.

Une dégradation des relations perdante pour tous

Bien que la question du rouble ou du pétrole attire désormais la plupart des regards, il ne faut pas oublier le danger que représente l'escalade des mauvaises relations entre la Russie et l'UE. Les premiers à en souffrir sont les Russes, qui subissent le plus durement les mesures d'embargo malgré la présence d'autres partenaires commerciaux majeurs comme la Chine.

Néanmoins, cette dégradation des relations diplomatiques pénalise également l'Europe, qui se sépare de plus en plus d'un grand partenaire commercial. L'industrie allemande souffre particulièrement de l'interdiction des ventes en Russie. Or, alors que l'Europe suscite également quelques inquiétudes chez les investisseurs, les faiblesses allemandes peuvent facilement mettre le feu aux poudres sur les marchés, comme cela s'est vu en octobre dernier.

X.B.

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  • v.sasoon le samedi 20 déc 2014 à 13:22

    la georgie a attaquée la premiere , la russie a repondu.La russie repondra toujours a une attaque.

  • ZvR le samedi 20 déc 2014 à 00:32

    Grosso modo l'UE et les US mettent des sanctions sur la crimée. une fois les sanctions en place il n'y aura plus qu'à oublier la Crimée et si possible l'ukraine qui coute quand même un peu cher pendant 30 ou 40 ans.Pendant ce temps les soudeurs ukrainiens sont déjà en train de remplacer les soudeurs polonais sur les chantiers de l'UE. Les polonais risquent de l'avoir mauvaise.

  • Berg690 le vendredi 19 déc 2014 à 18:45

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eXAm_HZ8KWM

  • ZvR le vendredi 19 déc 2014 à 18:33

    Très simple les russes refusent de laisser les entreprises américaines exploiter gratuitement leurs ressources. C'est inexcusable.

  • M8614773 le vendredi 19 déc 2014 à 18:32

    dest,napoleon n'a pas reussi,je vois mal les pitres qui nous gouverne mettre la russi a genoux!vous comptez faire un spectacle ?

  • ZvR le vendredi 19 déc 2014 à 18:31

    Non, les russes soutiennent réellement Poutine. Ca n'est pas un mensonge comme les occidentaux voudraient le laisser croire. Une bonne partie de cette popularité est du au fait qu'il tient tête aux occidentaux, qui ont perdu l'habitude de voir la Russie dire non.

  • M8614773 le vendredi 19 déc 2014 à 18:30

    en fait,je suis limité.une personne pourrait m'expliquer ce que nous on fait de mal les russes et ce que les usa nous font de bien ?merci,car la,je me sent idiot et j'ai besoin de vos lumieres !

  • dgui2 le vendredi 19 déc 2014 à 18:29

    Il y a peu de temps, un méga-accord de fourniture de gaz et de pétrole a été signé par Poutine avec les CHINOIS. Le saviez-vous ? Dès que l'oléduc aura été construit et commencera à rapporter des dollars, plus rien n'empèchera alors Poutine d'envoyer les chars. Comme en Géorgie. Bien à vous, dest et jean-648, de la part du "p'tit dictateur kagébiste"

  • M8614773 le vendredi 19 déc 2014 à 18:26

    c'est les russes les mechants ?pourtant,le pays que je vois nous mettre des amendes(bnp,alstom),racheter nos entreprise grace a la planche a billet ,nous piquer des contrats apres avoir mit un embargo (iran avec renault qui s'est fait piquer les contrat par GM)c'est bien les usa ?non?sans parler des deux bateaux non livré et le fait que la crise depuis 2008 vient a 100 % des banques et immobilier des usa,ca commence a faire beaucoup.je vous parle meme pas de GS et traficage des compte grec

  • jean-648 le vendredi 19 déc 2014 à 18:20

    La Catalogne a aussi voté cette année pour être indépendante....et l'Alsace était germanique pendant 6 siècle avant d'être française.