L'UE soutient Kiev, suspend le dialogue avec Moscou sur les visas

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L?UE APPORTE SON SOUTIEN À L?UKRAINE
L?UE APPORTE SON SOUTIEN À L?UKRAINE

par Martin Santa et Barbara Lewis

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont apporté jeudi leur soutien aux nouvelles autorités ukrainiennes, dénonçant le projet de référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie et exhortant Moscou à retirer ses troupes.

Les Vingt-Huit, réunis en Conseil européen extraordinaire à Bruxelles, ont décidé de suspendre les discussions avec la Russie sur un projet d'accord bilatéral de libéralisation des investissements et des visas, a annoncé Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen.

D'autres sanctions pourraient suivre si la Russie, qui ne reconnaît pas le nouveau pouvoir à Kiev et dont le président, Vladimir Poutine, a été autorisé à faire intervenir l'armée en Ukraine, ne joue pas la carte de l'apaisement.

Les Européens ont également rappelé leur attachement à l'intégrité territoriale de l'Ukraine quelques heures à peine après que le Parlement de la République autonome de Crimée a voté à l'unanimité le rattachement de la péninsule à la Russie, une décision qui sera soumise le 16 mars à référendum dans la péninsule.

Ce référendum, a jugé la chancelière allemande Angela Merkel, est "illégal et incompatible avec la Constitution de l'Ukraine".

La suspension des discussions et la menace de sanctions complémentaires viennent à l'appui de l'appel lancé par les Européens en faveur d'un retrait des forces russes déployées en Crimée et de l'ouverture de négociations directes entre Moscou et les nouvelles autorités ukrainiennes, un dialogue impossible pour l'heure malgré les tentatives déployées par la diplomatie internationale depuis le week-end dernier.

"DANS DE NOMBREUX SECTEURS ÉCONOMIQUES..."

Si ces négociations ne débutent pas dans les tous prochains jours et ne produisent pas de résultats "dans un laps de temps limité", les Vingt-Huit imposeront d'autres sanctions, dont une interdiction de voyage, un gel des avoirs et l'annulation d'un sommet UE-Russie.

"Toute initiative supplémentaire prise par la Fédération de Russie pour déstabiliser la situation en Ukraine aboutirait à des conséquences sévères et considérables pour les relations entre, d'une part, l'Union européenne et ses Etats membres et, d'autre part, la Fédération de Russie, qui incluront un large éventail de domaines économiques", a déclaré Herman Van Rompuy.

"Nous condamnons fermement la violation injustifiée de la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine par la Russie. Nous appelons la Russie à retirer immédiatement ses forces armées (ndlr, de Crimée) et à donner un accès immédiat aux observateurs internationaux", a-t-il ajouté.

François Hollande a précisé: "Si la Russie prenait des mesures qui déstabiliseraient l'Ukraine (...), mettraient en cause l'intégrité territoriale de l'Ukraine (...) alors il y aurait de nouvelles dispositions qui concerneraient les relations entre l'Union européenne et la Russie dans de nombreux secteurs économiques", a-t-il dit lors de sa conférence de presse finale à Bruxelles.

Dans la matinée, l'UE avait déjà annoncé le gel des avoirs de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, de son ex-Premier ministre Mikola Azarov et de 16 autres personnalités, jugées responsables de violations des droits de l'homme ou de mauvaise gestion des fonds publics en Ukraine.

Selon les nouvelles autorités de Kiev, Ianoukovitch, destitué le 22 février par le parlement ukrainien, aurait détourné 37 milliards de dollars de fonds publics en trois ans de mandat.

Sur la liste des personnes visées, parue jeudi au journal officiel de l'UE, figurent aussi Viktor Pchonka, ancien procureur général d'Ukraine, Oleksandr Yakimenko, ancien chef des services de sécurité, ou encore Olena Loukach, ex-ministre de la Justice. Les fils de Viktor Ianoukovitch et de Mikola Azarov en font également partie.

(avec Jan Strupczewski et Alexandra Hudson; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • v.sasoon le jeudi 6 mar 2014 à 22:16

    Ca me fait bien rigoler, L UE fait marcher la russie depuis 10 ans en leur faisant miroiter l absence de visa, alors qu'elle n'envisage en aucun cas de les accorder.C'est comme si l'UE disait, "ce que je ne comptais pas vous donner, et bien je ne vous le donnerait pas" )))).Vous croyez vraiment que les russes sont des naifs?

  • combiera le jeudi 6 mar 2014 à 21:27

    et qui donc nous a remis dans l otan sans discussion avec qui que ce soit ? les uns comme les autres, à la niche

  • Berg690 le jeudi 6 mar 2014 à 21:13

    Il faut sortir de ces pièges à rat de L'EU et de l'Otan où nous ne contrôlons rien et où nous nous faisons embarquer dans des aventures où rien n'est à gagner.

  • Berg690 le jeudi 6 mar 2014 à 21:10

    Obama est un gagne petit!

  • j.tavern le jeudi 6 mar 2014 à 20:55

    Ridicule la stratégie UE-Russie. l'UE est déjà complice de paradis fiscaux (Luxembourg,…) alors l’UE profil bas dans ce domaine de blocages de pognon frauduleux en Mds d’€. L’UE doit mettre au pot 11 Mds d’€ pour les livraisons de gaz Russe via l’Ukraine. La Crimée décidera de son destin par référendum. La Russie doit reconnaître les droits et respects de l’Homme vérifiés par des observateurs reconnus internationaux.

  • RIC335DA le jeudi 6 mar 2014 à 20:42

    "jugées responsables de violations des droits de l'homme ou de mauvaise gestion des fonds publics en Ukraine." ha, c'est nouveau, on peut geler les avoirs de certains dirigants d'un pays sous prétexte de mauvaise gestion des fonds publics d'un pays ? la loi est elle applicable en France aussi ? a quand on gele les avoirs de notre bande d'incapable au pouvoir, ces bras cassés de socialistes ?