L'UE soupçonne le russe Gazprom d'entraver la concurrence

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LA COMMISSION EUROPÉENNE ENQUÊTE SUR GAZPROM
LA COMMISSION EUROPÉENNE ENQUÊTE SUR GAZPROM

BRUXELLES/MOSCOU (Reuters) - La Commission européenne a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête sur le géant russe Gazprom, qu'elle soupçonne d'entraver la concurrence dans l'Union, une procédure qui risque d'envenimer les relations déjà tendues entre Bruxelles et Moscou dans le domaine de l'énergie.

L'exécutif européen cherche à établir si Gazprom abuse de sa position dominante sur les marchés en amont de la fourniture de gaz, explique-t-il dans un communiqué.

Les investigations porteront entre autres sur des soupçons d'entrave à l'approvisionnement en gaz des 27 pays de l'Union européenne, d'entrave à la diversification des sources d'approvisionnement et de tarifs injustifiés par le biais lien imposé entre les prix du gaz et ceux du pétrole.

"Un tel comportement, s'il était établi, pourrait constituer une restriction à la concurrence et conduire à des prix plus élevés et à la détérioration de la sécurité des approvisionnements", explique la Commission dans un communiqué. "Au final, un tel comportement nuirait aux consommateurs de l'UE."

Les services de la Commission ont procédé l'an dernier à des perquisitions dans certaines filiales de Gazprom en Europe.

Plusieurs pays de l'UE dépendent de Gazprom pour leur approvisionnement en gaz naturel et sont liés au monopole russe de l'exportation gazière par des contrats à long terme.

La Pologne, qui importe plus de la moitié de ses besoins, a demandé à un tribunal arbitral international de se prononcer sur les tarifs que lui impose le groupe.

Ce dernier a déclaré mardi n'avoir aucune précision sur l'enquête de la CE. "Qu'ils enquêtent", a déclaré le porte-parole du groupe Sergueï Kouprianov lors d'un entretien téléphonique.

Les relations entre l'Union et la Russie dans le domaine de l'énergie se sont tendues ces dernières années, l'Europe cherchant à diversifier ses sources d'approvisionnement en libéralisant ses marchés, une démarche critiquée par Moscou.

Le projet de Bruxelles visant à empêcher les fournisseurs de gaz de contrôler les infrastructures de transport par lesquelles transitent le gaz pourrait obliger la Russie à céder certaines parties du réseau de gazoducs utilisés par Gazprom en Europe.

Justyna Pawlak à Bruxelles et Melissa Akin à Moscou, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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