L'UE se prépare à de nouvelles relations avec l'Amérique de Trump

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    BRUXELLES, 14 novembre (Reuters) - L'Union européenne doit 
investir davantage dans sa défense et faire respecter les 
accords sur le changement climatique et sur le nucléaire 
iranien, ont estimé dimanche les ministres des Affaires 
étrangères du bloc européen réunis pour discuter des relations 
avec le président élu des Etats-Unis, Donald Trump. 
    Le vainqueur de l'élection présidentielle de mardi a remis 
en cause pendant sa campagne ces trois éléments. 
    "Nous comprenons qu'il y aura une approche américaine plus 
centrée sur le modèle du monde des affaires, aussi il est 
souhaitable qu'il y ait plus d'Europe de notre côté", a dit 
Miroslav Lajcak, chef de la diplomatie slovaque qui dirige la 
présidence tournante de l'Union.  
    "Mais personne n'a remis en cause le résultat de l'élection 
ni notre disponibilité à travailler avec les Etats-Unis", a-t-il 
ajouté à l'issue de la réunion de dimanche.   
    Durant la campagne présidentielle, Donald Trump a remis en 
cause la défense systématique des alliées européens des 
Etats-Unis dans l'Otan et a critiqué tant l'accord de Paris sur 
le climat entré en vigueur le 4 novembre que le compromis conclu 
avec Téhéran sur la limitation du programme nucléaire iranien. 
    La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a 
annoncé que les ministres des Affaires étrangères et de la 
Défense de l'UE décideraient lundi d'augmenter leurs capacités 
en matière de défense commune et de sécurité.  
    "Cela pourrait être encore plus pertinent dans le futur", 
a-t-elle estimé. 
    Signe que la décision ne fait pas l'unanimité, les ministres 
britannique et hongrois des Affaires étrangères ont refusé 
d'assister à la réunion convoquée au dernier moment après la 
victoire surprise de Donald Trump.  
    Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, était 
également absent dimanche, jour anniversaire des attentats du 13 
novembre. 
    "L'Europe a de nombreux problèmes, mais aucun d'entre eux 
n'est l'Amérique", a jugé le chef de la diplomatie polonaise, 
Witold Waszczykowski. "Les Américains ont choisi un homme qui 
n'est pas un ange, mais qui n'est pas non plus un enfant 
nécessitant un traitement spécial", a-t-il ajouté. 
    Le projet d'une défense commune européenne peine à avancer 
mais la France et l'Allemagne espèrent désormais que la victoire 
de Trump apportera un nouveau souffle au projet. 
    "Je pense que le débat en ce moment, c'est de voir comment 
l'Europe va renforcer sa voix dans le monde. Nous avons déjà 
discuté des questions de sécurité et de défense", a déclaré le 
ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders. "Cela 
pourrait être vrai également pour les questions commerciales, 
les migrations et le changement climatique." 
 
 (Gabriela Baczynska et Robert-Jan Bartunek; Julie Carriat pour 
le service français) 
 
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