L'UE se dit prête à des sanctions renforcer contre le Burundi

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 (Actualisé avec citations, précisions sur la position de l'UE) 
    BRUXELLES, 15 février (Reuters) - Les ministres des Affaires 
étrangères de l'Union européenne se sont dits prêts lundi à 
renforcer les sanctions économiques contre le Burundi après 
l'échec des discussions visant à mettre fin à la crise politique 
qui a fait plus de 400 morts dans le pays. 
    Les Nations unies ont fait part à plusieurs reprises de leur 
crainte de voir le Burundi sombrer dans un conflit à caractère 
ethnique, plus de dix ans après une guerre civile qui a fait 
plus de 300.000 morts et plus de 20 ans après le génocide au 
Rwanda voisin.  
    Mi-janvier, le Haut commissaire des Nations unies aux droits 
de l'homme a fait état de violences sexuelles commises par des 
membres des services de sécurité burundais et de témoignages de 
l'existence de charniers où les corps d'une centaine de victimes 
des violences de décembre seraient ensevelis.   
    Amnesty International a également évoqué la présence de 
charniers.   
    Mais le président Pierre Nkurunziza, dont la décision en 
avril dernier de se présenter pour un troisième mandat a 
déclenché neuf mois de violences, a refusé d'accepter un plan de 
paix proposé par l'Union africaine, déclarant que cela 
reviendrait à une invasion.  
    "L'UE (...) est prête à imposer des mesures restrictives 
contre ceux dont les actions pourraient avoir conduit ou 
pourraient conduire à des actes de violence et de répression 
(et) à de graves violations des droits humains", déclarent les 
ministres réunis à Bruxelles dans un communiqué. 
    Ceux qui entravent une solution politique pourraient 
également être visés, ajoutent les ministres. 
    L'UE a imposé l'an dernier un gel des avoirs et une 
interdiction de visas à l'encontre de quatre responsables 
burundais proches du président Pierre Nkurunziza pour avoir fait 
un usage excessif de la force lors des affrontements qui ont 
conduit à sa réélection.  
    L'Union européenne, principale source d'aide humanitaire 
pour le Burundi, a toutefois fait savoir qu'elle ne suspendrait 
pas son aide à un des pays les plus pauvres. De toutes façon, 
une grande partie des fonds est désormais donnée directement aux 
organisations humanitaires plutôt qu'au gouvernement. 
    L'UE avait espéré qu'en invitant à Bruxelles les dirigeants 
burundais pour des discussions formelles, elles pourraient 
esquisser la voie de nouvelles élections, mais les discussions 
ont échoué le 8 décembre. 
    L'impasse demeure et la situation devrait empirer avec la 
détérioration des conditions économiques, ont estimé les 
ministres des Affaires étrangères. 
    Selon les chiffre du Haut Commissariat des Nations unies aux 
réfugiés (HCR), les violences au Burundi ont fait fuir à 
l'étranger près de 250.000 personnes et 25.000 autres se sont 
réfugiés dans d'autres régions du pays. 
    La composition ethnique du Burundi est proche de celle du 
Rwanda voisin, où 800.0000 personnes sont mortes lors d'un 
génocide en 1994. 
 
 (Robin Emmott; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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