L'UE s'accorde sur la supervision bancaire par la BCE

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LA BCE VA POUVOIR SUPERVISER L'ENSEMBLE DES BANQUES DE LA ZONE EURO
LA BCE VA POUVOIR SUPERVISER L'ENSEMBLE DES BANQUES DE LA ZONE EURO

par John O'Donnell et Claire Davenport

BRUXELLES (Reuters) - Le Parlement européen et les Etats de l'Union ont abouti mardi à un accord pour confier à la Banque centrale européenne (BCE) la supervision de l'ensemble des banques de la zone euro, une évolution censée prévenir de nouvelles crises dans la région.

Cet accord marque l'aboutissement du projet lancé l'an dernier pour confier à la BCE les pouvoirs lui permettant d'encadrer dès la mi-2014 toutes les banques de la région, un premier pas vers la création d'une véritable union bancaire au sein de l'UE.

"Il s'agit d'une étape fondamentale vers une véritable union bancaire qui doit restaurer la confiance dans les banques de la zone euro et assurer la solidité du secteur bancaire", a déclaré Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services.

L'accord intervient toutefois alors même que le projet de taxation des dépôts bancaires à Chypre pour renflouer le système financier du pays vient souligner les difficultés persistantes du secteur.

Pour le ministre irlandais des Finances Michael Noonan, dont le pays assure jusqu'en juin la présidence tournante de l'Union, "le superviseur unique est l'élément clé de l'union bancaire et une étape vitale pour briser le cercle vicieux entre les banques et les souverains".

L'accord prévoit que la BCE supervisera toutes les banques dont les actifs dépassent 30 milliards d'euros ou 20% du produit intérieur brut (PIB) de leur pays d'origine.

La prochaine étape de la construction de l'Union bancaire devrait être la création d'un mécanisme et d'un fonds uniques de "résolution" destiné à gérer le démantèlement éventuel d'établissements en grande difficulté en lieu et place des Etats. Mais la réticence de plusieurs pays, Allemagne en tête, à alimenter un tel fonds pourrait poser problème.

Pour Paul De Grauwe, économiste à la London School of Economics, le projet de taxation des dépôts à Chypre illustre d'ailleurs le manque de soutien de certains Etats à la mutualisation des ressources nationales.

"C'est un coup presque fatal porté à l'union bancaire", a-t-il dit. "L'élément clé de l'union bancaire, c'est un système qui permet de s'aider mutuellement et de partager les coûts quand une crise bancaire se produit dans un pays donné. Mais la volonté d'y parvenir est absente."

Avec Robin Emmott, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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