L'UE revoit son plan acier sous la pression chinoise

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    * Le chiffre des surcapacités chinoises revu en baisse 
    * Droits plus élevés, sanctions anti-dumping plus rapides 
proposés 
    * Un arsenal répressif plus imposant si Pékin change de 
statut-CE 
 
 (Actualisé avec déclaration de la Commission §5) 
    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 15 mars (Reuters) - La Chine a convaincu l'Union 
européenne (UE) de revoir en baisse ses surcapacités dans la 
sidérurgie, montrent des documents européens dont Reuters a pris 
connaissance, ce qui fait craindre en Europe une attitude trop 
conciliatrice de Bruxelles vis-à-vis des importations chinoises 
à bas prix. 
    Différents projets de propositions que la Commission 
européenne (CE) doit dévoiler mercredi pour protéger une 
sidérurgie européenne en grande difficulté montrent que les 
estimations des surcapacités chinoises ont été revues en baisse 
de près de 20%. 
    Cette révision, qui a ramené les estimations de 400 millions 
de tonnes initialement à 350 millions puis à 325 millions dans 
le projet le plus récent vu par Reuters, résulte des plaintes 
chinoises, a dit un haut fonctionnaire européen. 
    "Les chiffres ont été révisés après que la Chine a contesté 
nos données", a-t-il dit, après une réunion qui s'est tenue 
cette semaine à Pékin. 
    Une porte-parole de la Commission s'est refusé à tout 
commentaire spécifique sur le contenu des documents et a 
déclaré: "Par principe (...), ce genre de données n'est sujet à 
aucune négociation d'aucune sorte. Nous ne vérifions, consultons 
ou discutons nos documents internes avec aucun tiers. Ils sont 
basés sur des chiffres publics." 
    Les sidérurgistes, avec l'appui de pays tels que la France, 
l'Allemagne et la Grande-Bretagne, poussent la CE à déployer 
toute son énergie pour repousser les importations très bon 
marché de sidérurgistes chinois dont les surcapacités sont 
notoires. 
    Même si l'UE a infligé des droits anti-dumping à plusieurs 
sidérurgistes chinois, leurs concurrents européens, dont la 
production annuelle ne représente plus que 170 millions de 
tonnes, imputent aux Chinois la perte de 20% des emplois du 
secteur depuis 2008 et craignent encore des fermetures de sites. 
    Le plan que la CE doit exposer mercredi, à l'issue de la 
réunion hebdomadaire de ses 28 commissaires, prévoit une série 
de mesures pour couper court des importations chinoises qui, 
selon l'un des documents, ont plus que doublé en trois ans. 
    Parmi elles, figure un mécanisme de protection censé se 
déclencher si les importations augmentent fortement, des droits 
anti-dumping plus lourds et un système d'imposition accélérée de 
droits punitifs pour les importations exagérément bon marché. 
    Ces propositions risquent de mécontenter certains acteurs du 
secteur et leurs appuis publics. Ainsi, la France veut que la 
période d'enquête avant d'imposer des sanctions provisoires soit 
ramenée de neuf à deux mois, alors que le projet de la CE ne dit 
rien de particulier sur la période en question. 
    L'exécutif européen mentionne enfin d'autres moyens de 
défense pour l'UE si la Chine obtient de Bruxelles le statut 
d'"économie de marché" en décembre, ce que Pékin désire 
ardemment et ce que redoutent les sidérurgistes européens car, 
selon eux, il serait alors plus difficile de pénaliser les 
produits chinois. 
     
 
 (avec Philip Blenkinsop; Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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