L'UE réclame la reprise des négociations entre Ankara et le PKK

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BRUXELLES, 10 novembre (Reuters) - L'Union européenne a condamné mardi les affrontements entre l'armée turque et les séparatistes kurdes avec une fermeté inédite et a exprimé sa préoccupation quant à la liberté de la presse en Turquie. Dans son rapport annuel sur l'avancement du processus de rapprochement, Bruxelles salue en revanche les efforts d'Ankara en ce qui concerne l'accueil des réfugiés syriens. "La Commission espère assister la fin de l'escalade de la violence en Turquie et à la reprise des négociations en vue d'un règlement durable de la question kurde", a déclaré Johannes Hahn, commissaire à l'Elargissement, qui présentait ce rapport au Parlement européen. "Au cours de l'année écoulée, des manquements significatifs ont affecté l'indépendance de la justice ainsi que la liberté de réunion et d'expression, en particulier les pressions et intimidations croissantes à l'encontre de journalistes", a-t-il poursuivi. L'UE, qui réclame une aide accrue de la part d'Ankara pour faire face à la crise migratoire, a repoussé la publication du rapport après les législatives anticipées du 1er novembre. Le Parti de la justice et du développement (AKP), auquel appartient le président Recep Tayyip Erdogan, a retrouvé à cette occasion la majorité absolue dont il avait été privé en juin. Fort de cette victoire, le chef de l'Etat a promis de poursuivre la lutte contre les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) jusqu'à ce qu'ils déposent les armes ou que le dernier d'entre eux soit "liquidé". ID:nL8N12Z3A9 Certain reprochent en outre à Recep Tayyip Erdogan, qui souhaite modifier la Constitution pour instaurer un régime présidentiel, une dérive autoritaire. La dégradation de la situation en matière de respect des droits de l'homme suscite des doutes quant à l'intégration de la Turquie au sein de l'UE. L'impartialité du système judiciaire, a poursuivi Johannes Hahn, est également essentielle au yeux des investisseurs. "Personne ne veut prendre le risque d'investir si on ne peut compter sur l'indépendance de la justice", a-t-il souligné. "La Turquie continue à exprimer sa détermination à intégrer l'Union européenne. Cette détermination a toutefois souffert de l'adoption de législations dans le domaine de l'Etat de droit, de la liberté d'expression et de réunion qui sont contraires aux règles européennes", peut-on lire dans le rapport. "Le président reste impliqué dans de nombreux domaines de la politique intérieure et étrangère, ce qui, en Turquie, conduit certains à lui reprocher d'outrepasser ses prérogatives constitutionnelles", ajoutent les auteurs. (Robin Emmott; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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